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Kabylie belle ou poubelle ?

Un routard européen, après avoir visité Bgayet, a eu comme commentaire « L’endroit est très joli mais incroyablement sale. Il y a une décharge derrière chaque cactus. Même au Nicaragua je n’ai rien vu d’aussi sale. »

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Tout le monde le sait, personne ne fait rien. On se contente de condamner les services de l’état, absents ou déficients. Pourtant, la propreté est avant tout une question de prise en charge locale. Les municipalités sont responsables de l’hygiène publique dans leur commune. Les citoyens, par esprit civique et souci de protéger la santé de leurs proches, doivent veiller à ne pas répandre ordures et produits polluants dans l’espace public. Espérons que cet article et les photos qui l’accompagnent aideront à provoquer une prise de conscience du problème chez la population.

Vie quotidienne et ordinaire en Kabylie, en l’an 2005, sous le règne de Bouteflika

Sacs en plastique noirs et dernièrement blancs, débris de verre, cannettes de bières, bouteilles en plastique, liège, filtres de cigarettes, papier, journaux, carton, boîtes de conserves de toutes sortes, poubelles éventrées, eaux usées et stagnantes, relents d’égouts, d’urine, crachats et chemma à volonté. Le décor chez nous est ainsi semble-t-il définitivement planté !

Tel est le spectacle honteux et désolant offert par les paysages et les rues kabyles à tout un chacun sans coup férir. Que ce soit dans les villes ou les villages, sur la montagne ou sur la plage, la bête immonde - au sens propre- tend ses tentacules sales et gluantes jusqu’à nos portes, jusqu’à la strangulation !

De la haute à la basse Kabylie, notre région est devenue un cloaque d’immondices, d’ordures et de puanteur à ciel ouvert. A qui la faute me diriez-vous ? A nous ! Pourquoi ? Parce qu’en dépit de notre supposé réalisme, nous attendons encore naïvement des gestes salvateurs de ceux qui président à nos destinées.

Dans l’anarchie politique totale, le peuple sans réaction a baissé les bras. Que faire ?

L’irresponsabilité de l’état algérien, de ses représentants locaux, et de nos « indus élus » est séculaire. Alors, autant attendre Godot si l’on veut ! Il est grand temps pour nous de prendre notre destin en main ou plutôt nos ordures et nos poubelles en main !


En attendant de voir installés chez nous, en Kabylie, poubelles, bennes collecteurs et infrastructures adéquates et nécessaires à la prise en charge des problèmes de recyclage de drainage des eaux usées et de gestion d’ordures ménagères, nous pouvons d’ores et déjà, nous engager pour la protection de l’environnement en adoptant des solutions intermédiaires et pratiques telles que :

D’abord des gestes simples et gratuits


Une bonne organisation au sein des maisons, des rues, des quartiers et des cités. Adopter dans sa vie quotidienne des gestes simples (garder son papier chewing-gum au fond de sa poche afin de remettre le chewing-gum usé dans son papier, dans sa poche ou dans son sac. Les piétons peuvent se munir d’un paquet de mouchoirs en papier qui deviendra un petit sac poubelle ambulant, qu’on jettera à la poubelle une fois arrivé chez-soi.

Les automobilistes éviteront de jeter pelures de fruits, bouteilles, cannettes ou paquets de cigarettes qui finissent souvent au pied d’un pauvre arbre ou dans le cour d’un branchage.

Au lieu de défenestrer leurs ordures, ils pourront eux aussi dans leur voiture, se munir d’un sac en plastique qui sera une poubelle provisoire qu’on videra dans la poubelle domestique. Bien fermer les poubelles et décider avec ses voisins de ne les sortir qu’au moment de la collecte des ordures,...)

Ainsi par des gestes simples, gratuits, civilisés, civiques et responsables, chacun de nous contribuera à limiter les dégâts et remédier à cette catastrophe écologique et environnementale qui menace notre environnement donc notre vie chaque jour un peu plus.

Puis, un réel engagement organisé, pour l’environnement

L’engagement pour l’environnement - comme beaucoup d’entre nous, hélas ; sont convaincus ! - n’est pas l’affaire de petits bourgeois occidentalisés et de « la tchitchi » qui rassasiés et pour faire "in" se mettent à "philosopher". Protéger l’environnement, n’est pas un luxe ou une mode. La protection de l’environnement n’est pas non plus exclusivement l’affaire de nos sours et frères d’outre mer. La protection de l’environnement est une urgence et l’urgence est l’affaire de tous !

Il est grand temps chez nous de faire de la question environnementale un combat. Un combat prioritaire, collectif et d’une extrême urgence. Nous vivons la catastrophe en direct. Nous n’avons plus le temps de réfléchir ou de choisir, nous sommes acculés à nous engager pour la protection de l’environnement et à agir au plus vite !

Restituer à La Kabylie son vrai visage, lui rendre sa grandeur, et sa dignité bafouée


Quelle Kabylie pensons-nous léguer à nos héritiers ?!
Notre responsabilité est totalement engagée à l’égard des présentes et futures générations ! Par notre irresponsabilité, égoïsme et totale désorganisation nous compromettons les chances d’une vie saine, durable et décente aux futurs adultes qui ne sont autres que nos enfants. Nous leur serons redevables devant l’Histoire et leur jugement à notre égard sera sévère !

A présent méditons ensemble la longue vie des déchets que nous abandonnons dans la nature :

(source : syndicat intercommunal Sainte-Victoire - 24, rue Mignet - Aix en Priovence)

Cigarette sans filtre : 3 MOIS
Mouchoir en papier : 3 MOIS
Pelure de fruit : 3 - 6 MOIS
Journal : 3 - 12 MOIS
Allumette : 6 MOIS
Filtre de cigarette : 1 - 2 ANS
Chewing-gum : 5 ANS
Boîte aluminium : 10 - 100 ANS
Briquet plastique : 100 ANS
Gobelet plastique : 100 -1000 ANS
Sac plastique : 100 - 1000 ANS
Polystyrène : 1000 ANS
Carte téléphonique : 1000 ANS
Verre : 4000 ANS


Alors, maintenant, nous, dignes enfants de Tamurt, dignes parents, nous savons quoi faire pour que notre mère Kabylie redevienne un havre de paix aussi bien pour les humains que pour les animaux ?! Oui, eux aussi, car pour reprendre les mots d’un poète anglais : « Ils sont comme nous, pris dans le piège de la vie ! »

Thanina, membre fondateur de DGD-France

Les photos ont été prises par Mohand Ourad, pour le compte de DGD-Kabylie, qui les a généreusement mises à notre disposition, celles-ci vous aideront à constater l’ampleur du désastre.

Site WEB de DGD : notrekabylie.com

Courriels : dgdfrance@gmail.com - dgd.kabylie@gmail.com

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