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Association culturelle N'Imazighen

Bruxelles

Rédaction

 

 

                                             - FERHAT A BRUXELLES

                                             - Culture ABC Amazigh

                                             - Idir pour l'indépendance de la Kabylie                   

              - Naissance, disparition et résurrection de la revue Abc Amazigh. En blog.

                                             - Comment pourrais-je me taire?

                                                                                                                                                                             

                                                  

  

                                         Ferhat Mehenni nous parle de la Kabylie et de son nouveau livre :

                      «Afrique : le casse-tête français

                            La France va-t-elle perdre l’Afrique»

 

Au Mali, le cirque électoral terminé, il reste qu’aucun des problèmes ayant justifié l’opération Serval n’a été réalisé : la construction d’un État démocratique et viable, un plan de développement économique, social et culturel, la sécurité du pays et l’unification du Mali, mission impossible, car l’Azawad deviendra, de façon inéluctable un État indépendant.

Pour prouver à ses adversaires que la procrastination qu’on lui reproche dans les affaires intérieures est malveillante, François Hollande s’est engagé, sabre au clair, avec une visibilité de six mois et des moyens dérisoires, dans une aventure périlleuse en Centrafrique.

L’objectif proclamé de cette "grande et belle mission" est de "réconcilier un peuple" déchiré par les violences ethniques et religieuses, reconstruire un État en miettes et stabiliser la région. L’objectif camouflé est de défendre les intérêts économiques et financiers de la France qui seraient garantis par le maintien des États artificiels dans son ancien empire africain. Il en est ainsi de l’Algérie dotée par le général de Gaulle du Sahara pétrolier (il existait jusque-là un ministère français du Sahara)(1) qui deviendra le ciment du Pacte franco-algérien pour le maintien du statu quo.

L’enlisement annoncé de la France dans les sables mouvants de la Centrafrique et l’interminable décomposition de l’État mafieux algérien ont sonné le glas de cette construction néocoloniale et redonné vigueur à la lutte des peuples pour former des entités homogènes dans des cadres indépendants. C’est le cas des peuples de l’Afrique du Nord et en particulier celui du peuple de la Kabylie.

 

Algérie : La question kabyle

Exposée de façon claire et pertinente par Ferhat Mehenni, elle est fondée sur un cadre géographique inchangé depuis l’Antiquité, une histoire et une civilisation de longue durée et son aptitude à épouser son siècle (2). Cette évolution est toutefois contrariée par l’action conjuguée des États français et algérien qui entendent congeler le cadre néocolonial existant, en nouant un Pacte pour neutraliser le peuple rebelle, contestataire et subversif de la Kabylie. C’est ainsi qu’en 1959-1960, quand s’ouvrent les négociations entre Paris et le GPRA, le plan Challe concentre ses coups sur la willaya III (opérations Jumelles, Rubis et Turquoise). Le relais est pris par Boumediene dès l’entrée de l’ANP en Algérie en 1962, en 1963 et jusqu’en 1978.

Dans ce livre plusieurs points ont été traités : la nature de l’État militaro-policier et arabo-islamique algérien, le mécanisme de sa préservation en suscitant l’opposition artificielle entre le RCD et le FFS pour anesthésier la volonté d’émancipation du peuple opprimé de Kabylie.

Il est bien montré que la cohésion de l’État-DRS détenteur de la rente pétrolière n’est possible que par la marginalisation de la Kabylie, la militarisation du régime, la confiscation des libertés démocratiques, le contrôle des médias, la caporalisation des syndicats, un FLN subventionné dominant une Assemblée introuvable, l’arabisation et l’islamisation de la société. Cette politique n’a pu exister qu’avec la complicité de l’État français, de ses idéologues intéressés et des idiots utiles défenseurs du Pacte.

Ils redoutent tous que la Kabylie suive l’exemple de la Prusse et du royaume du Piémont qui furent les acteurs de l’unité allemande et italienne. Indépendante, la Kabylie dynamiterait l’ordre en place et donnerait une impulsion à la formation d’une Afrique du Nord unifiée. L’auteur écrit :

"Personnellement je souhaite vivement la construction de l’unité nord-africaine, mais avec la Kabylie comme partenaire à part entière ayant comme tous les autres membres son mot à dire sur les orientations politiques, économiques et socioculturelles du sous-continent" (p.128)

 

L’an I de la rébellion kabyle

Pour Ferhat Mehenni, la révélation inacceptable de ce mécanisme d’oppression a surgi avec éclat pendant la terrible répression d’avril 2001 sans provoquer une réaction du reste du pays.

"C’est aujourd’hui, me disais-je, que la Kabylie a besoin de la solidarité de tous les Algériens. Si elle ne vient pas maintenant, c’est qu’elle ne viendra jamais. La solution de l’autonomie m’apparut alors comme l’unique issue raisonnable pour mettre nos enfants à l’abri de la violence armée de l’État." (p.30).

Première expression significative de l’identité kabyle, avril 2001 marque la rupture consciente entre ce peuple opprimé et l’État totalitaire algérien. Le saut qualitatif est notable entre la manifestation de colère du "printemps berbère" d’avril 1980 et l’engagement déterminé de tout un peuple pour arracher son émancipation totale.

Plusieurs points restent à développer : les institutions futures, l’économie, le programme démocratique, la laïcité de l’école et de l’État et le cadre géopolitique dans lequel la Kabylie doit s’inscrire : Tamazgha ? l’Union de la Méditerranée ? l’Occident méditerranéen ? (3)

D’autres points doivent être précisés, relatifs à l’histoire de l’immigration algérienne en France et en particulier celle de l’Étoile Nord-Africaine construite et dirigée majoritairement par les Kabyles inscrits dans l’appareil de production moderne et membres de la CGT. Le rôle social et politique de l’Étoile fut remarquable après 1934 : quand la crise économique mondiale gagne la France et plonge l’Europe dans la barbarie. L’Étoile luttera avec énergie contre l’exploitation capitaliste, le chômage et la misère, le colonialisme, les ligues d’extrême droite, l’antisémitisme, le fascisme, le nazisme et le franquisme. Il adhérera au Front Populaire et restera toujours sur les valeurs du mouvement ouvrier (4).

L’Étoile associait dans le combat qu’elle menait pour les libertés dans le pays d’accueil avec celui pour se constituer en nation souveraine à travers un processus constituant sur le modèle de la Révolution française de 1789.

Dans le débat qui s’ouvre maintenant de façon publique, on peut nourrir sa réflexion avec trois exemples : l’action des Kabyles comme la force structurante du nationalisme algérien avec l’Étoile, l’adoption massive de la Constituante par le congrès des AML de mars 1945 et la transformation des élections municipales de 1947 en un référendum sur la Constituante, lui aussi plébiscité (5).

 

Le siècle identitaire

Dans ce livre préfacé par le politologue Roger Kaplan (6), Ferhat Mehenni élargit le champ de sa réflexion en dressant l’acte de décès des États postcoloniaux. Il inscrit ensuite le combat du peuple de Kabylie dans le mouvement révolutionnaire des peuples pour briser tous les carcans et se constituer en nations souveraines (L’Écosse, la Catalogne...) Défenseur de la laïcité, le président du gouvernement provisoire de la Kabylie (GPK) invite l’Occident au réalisme sur l’héritage géopolitique colonial.

"Au lieu de soutenir les dictatures musulmanes au prétexte qu’elles professent un islam "modéré", les démocraties occidentales seraient plus sages de repérer les tensions et les folies qui se jouent derrière leur apparence ordonnée" (p. 52).

 

Afrique : le casse-tête français

Avec ce troisième livre préfacé par Ivan Rioufol7, l’auteur ne cherche plus à fournir un argumentaire pour établir la légitimité de la revendication identitaire kabyle, mais à s’engager dans une lutte contre le Pacte des deux brigands. Après un état des lieux des pays africains francophones, il est montré que la balkanisation de l’Afrique occidentale (AOF) et orientale (AEF) n’a pas engendré des États viables, du fait de l’intégration de populations hétéroclites dans des cadres artificiels.

Invitation est faite à la France si elle entend défendre ses intérêts et son prestige culturel auprès des populations africaines, à renoncer à ses interventions militaires quasi annuelles stériles et à rompre le Pacte. Revenant sur les relations entre la Kabylie et la France, il écrit : "Face à ses agressions multiformes, la Kabylie toujours un peu païenne, un peu chrétienne, juive par certaines origines, toujours musulmane à sa manière, pratique, comme au temps les plus reculés de son histoire, entre autres formes de résistance, sa laïcité en jurant « au nom de toutes les croyances » (p. 102)

En fin de livre, il est rappelé que les deux millions de Kabyles en France ont participé à la construction et à la défense de l’hexagone comme sur le modèle de l’assimilation différent de celui de l’intégration. Ils s’inscrivent ainsi sans la chaîne des immigrations européennes du XIXe siècle qui ont fait la France tout en restant attachés à  "la patrie ancestrale".

S’adressant à la France, Mehenni lui propose de s’appuyer sur les Kabyles pour défendre son identité, ses intérêts économiques sa Grandeur dans le monde et son prestige auprès des populations francophones africaines. Pour cela, elle devra déchirer le Pacte scélérat et mener avec son plus fidèle allié, un combat sans concession, [comme ce fut le cas avec l’Étoile, contre l’islamo fascisme]. La lutte que les Kabyles mèneront pour la défense de leur pays d’accueil sera associée à celle pour l’indépendance de leur "patrie ancestrale".

Conclusion : la question kabyle est devenue maintenant un problème de la vie politique intérieure, africaine, et internationale de la France. Tous les hommes épris de liberté soutiendront la marche du peuple kabyle pour son émancipation.

 

Par Jacques Simon

Notes

1. Treyer (C). Sahara 1956-1962. Les Belles lettres, 1966.

2. Mehenni (F). Algérie : la question kabyle. Michalon, 2004.Voir également Chaker (S). Berbères aujourd’hui, L’Harmattan, 1998, Guenoun (A). Chronologie du mouvement berbère, Casbah, 1999 ; Aït Kaki (M). De la question berbère au dilemme kabyle à l’aube du XXIè siècle , L’Harmattan, 2011 ; et l’immense thèse de Mahé Alain. Histoire de la Grande Kabylie, Bouchene, 2001.

3. Simon (J). L’Occident méditerranéen. L’Harmattan, 2013.

4. Simon (J). L’Étoile Nord-Africaine (1926-1937). L’Harmattan, 2003.

5. Kaddache (M). Histoire du nationalisme algérien. SNED, 1981.

6. Mehenni (F). Le siècle identitaire, Michalon, 2010.

7. Mehenni (F). Afrique : le casse-tête français. La France va-t-elle perdre l’Afrique ?, Ed. de Passy, 2013. 

 

 

        Culture amazighe

 

«Pourvu qu’il ne vous arrive point tel le sort de cet arbre lequel, une fois coupé de ses racines, ses feuilles vertes se faneront et dépériront. Un arbre sans racines est condamné à mourir. Ne soyez pas, vous gens d’aujourd’hui, tels des gens sans racines… Faîtes en sorte de ne pas devenir des éternels pauvres de la Connaissance la plus large d’esprit et de cœur…  A présent, la Connaissance se puise dans les livres.… » (Mouloud Mammeri)

          

Le cheval Barbe  une des plus anciennes races du mondeIl était jusqu’à présent bien établi que le cheval était absent  dans la préhistoire de l’Amazighie.

Celui-ci n’aurait été introduit que dans le deuxième millénaire avant  J-C, mais des recherches menées dans le Tassili établissent que des ossements d’espèce chevaline trouvée dans les gisements datent de 4000 ans et plus.

En tous cas, en Amazighie, le cheval fait partie intégrante de la vie de l’homme, dans toute son histoire.

Il est magistralement représenté sur les gravures rupestres de l’Ahaggar et du Tassili.

Il est à l’origine de nombreuses créations littéraires et artistiques.

-Nous serons, te dis-je, portés sur un cheval habitué aux courses nocturnes, un cheval de race amazighe, aux flans sveltes comme un loup de Gada, un cheval qui presse sa course rapide, dont on voit les flancs ruisseler de sueur. »  (Imrul Kaïs, poète Arabe d’avant l’Islam)

Le cheval amazigh  Barbe  est une race aux qualités exceptionnelles.

A l’époque romaine, les empereurs  envoyaient chercher au royaume de Carthage ces fameux guerriers et leurs chevaux pour grossir les rangs de leur cavalerie pour envahir les Gaules et l’Europe.

La robustesse, l’endurance, la rusticité, la sobriété et ses qualités sportives faisaient déjà la réputation du cheval Amazigh. Mais ce sont ses qualités psychiques, ses facultés exceptionnelles d’assimilation  et de compréhension de ce que l’on veut obtenir de lui qui déjà à cette époque faisaient la différence entre cette race et les autres.

Strabon (58 avant J-C 25 après J-C) rapporte dans ses écrits de quelle manière les cavaliers amazighs de l’Amazighie montaient leurs chevaux « sans frein », c’est-à-dire sans harnachement, sans rênes, sans mors, ce qui est remarquable.

Les Arabes qui, venus d’Orient, durant leur conquête de l’Amazighie au VIIe siècle s’en servirent laissant parfois sur place les quelques chevaux arabes qui leur restaient. Sous la bannière de l’Islam, les Amazighs exporteront leurs nobles et robustes montures jusqu’en Espagne, après la conquête de ce Pays européen par les soldats de Tariq Uziyad.

Même le Camarguais - aussi très réputé - est un descendant du cheval amazigh (ce qui explique sans doute sa réputation), laissé pendant la conquête de la France le long de la vallée du Rhône. Les Rois de France, les célèbres écuyers Antoine et Pluvinel, Robichon et Guerinière au siècle suivant chantèrent les louanges du cheval amazigh dit Barbe qui était pour eux le meilleur cheval de dressage.

Le cheval amazigh Barbe  est un patrimoine équin ancestral. Son utilisation est un rouage non négligeable de l’économie nationale. Il est une valeur sûre à l’exportation. Il reste, incontestablement, un élément important de raffermissement de notre identité culturelle. Partout en Amazighie d’une manière générale, au Maroc et  en Algérie d’une manière particulière, le cheval amazigh est omniprésent, fut de tous les combats, de Massinissa aux glorieux moudjahidine, de toutes les conquêtes, de toutes les peines.

« Pendant le long règne de Massinissa…, le cheval participa grandement au développement agricole du royaume, à la croissance des villes, à l’élargissement des relations commerciales. » écrit-on dans  Le grand livre du cheval en Algérie.

Partenaire de combats, compagnon de travail, le cheval Barbe qui est à la source même du cheptel équin algérien, fut de toutes les étapes historiques du pays, les marquant de son empreinte culturelle et sociologique.

Les armées napoléoniennes utilisèrent également le cheval amazigh. Les régiments de Spahis français étaient pourvus exclusivement de chevaux amazighs. Pendant la dernière Guerre mondiale, un régiment allemand  monté sur des chevaux  amazighs réquisitionnés par le maréchal Rommel en Tunisie est même allé dans des conditions très difficiles jusqu’à Moscou.

Aucun autre cheval pendant ce raid, n’a pu soutenir la comparaison avec le cheval amazigh….

 

(Extrait de : Revue Abc Amazigh. n°38, et de  Abc Amazigh : une expérience éditoriale en Algérie », volume 2, livre édité, en France,  par L’Harmattan.)            

Par Smaïl Medjeber

 

Facebook, amazighblogcommunication.wordpress.com,

E-mail : defiberbere@hotmail.fr

 

 

 

 

                          Idir au forum de Liberté :

 

                     « L’indépendance de la Kabylie est plus logique »

 

S’exprimant, ce matin, au forum du quotidien Liberté, Hamid Cheriet de son nom d’artiste Idir a estimé que l’idée d’autonomie pour la Kabylie «n’est autre qu’un moyen qui nous fera tomber dans les travers du tribalisme», lequel tribalisme, est utilisé par le pouvoir pour se maintenir. Il a ajouté, dans ce sens, que pour la Kabylie, l’option d’indépendance «est plutôt plus logique».

 

Le forum de Liberté qui a drainé plusieurs journalistes a été une occasion pour Idir pour revenir sur le combat pour tamazight, la Kabylie et aussi la chanson. Il a prôné, ainsi, à ce que cesse la revendication, car, pour lui, «revendiquer est un aveu d’échec», mais «il faut vivre ses convictions». Toujours à propos de la Kabylie, cette région, a-t-il dit, qui s’est sacrifiée «est écartée par le pouvoir». Sur ce, a-t-il précisé, des idées ont germé et ces mêmes idées, référence à l’autonomie et à l’indépendance, « doivent êtres débattues et discutées ».

«Ferhat Mehenni a un parcours atypique. C’est un homme aux convictions très fortes qui mérite notre respect», a-t-il précisé, avant d’ajouter qu’il ne comprend pas « pourquoi Ferhat Mehenni est attaqué sans qu’on le laisse parler ». Continuant sur sa lancée, Idir a ajouté que cette idée découle «d’un ras-le-bol» que la Kabylie vit depuis l’indépendance de l’Algérie. De ce fait, «il faut s’attendre à tout», a-t-il souligné, en faisant une rétrospective sur les cinquante années de l’indépendance de l’Algérie «où ma langue maternelle n’a pas le droit de citer». «Je ne peux pas vivre à la traîne dans mon pays», a-t-il ajouté pour appuyer ses dires.

Pour lui, mis à part tamazight qui doit jouir d’un statut de langue officielle, les projets pour la Kabylie, comme l’indépendance, méritent toute l’attention et les débats nécessaires. Il invite, sur le sujet, les concepteurs de ces projets à fournir les arguments nécessaires pour se faire. Sur ce sujet, il a appelé «à écouter Ferhat Mehenni», car ce qu’il dit «est très important».

La venue d’Idir à Alger, accompagné par Mohamed Saadi de BRTV, a drainé une foule de journalistes, mais il faut s’attendre à des comptes-rendus farfelus sur son passage au forum de Liberté. Une certaine presse de pacotille déformera sûrement ses propos.

Concernant la chanson, Idir a estimé qu’il ne pourra donner de spectacles si les organisateurs vont lui imposer une orientation politique. «Je veux faire mes premiers galas en Kabylie», et sans «l’égide de quiconque».

 

Rédaction Tamurt-info

  

                                         Paysages et visages de Kabylie

                                                        Terre incertaine ?

    Témoignage

 

A. Leroul, passionné par la photo et les Arts de la Kabylie, vient opérer ce qu’il appelle une «restitution» au plus grand nombre.

Cinquante ans de quête et d’observation pour mettre en mots et en images un véritable témoignage sur la Kabylie.

Cette «restitution» rend hommage aux habitants en général et aux femmes en particulier, à cette culture kabyle qu’on aime se rappeler ou qu’on aimera découvrir.

Il aborde aussi l’importante composante de l’émigration planétaire kabyle, dans ses diverses formes et qu’il assimile à une diaspora. La France en étant le centre de gravité.

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                                           Cause amazighe :

        Naissance, disparition et résurrection  de la revue Abc Amazigh.En blog.

 

“Cher frère,

 

…Ta lettre si émouvante qui, pour moi, représente non seulement une prise de contact mais un appel ou, plutôt, une réponse à un appel de la pensée et du cœur que je ne cesse de lancer depuis ma tendre enfance.

 Il y a, en nous, tant d’espaces à combler, de contraintes à effacer comme de mésententes à conjurer. Il est temps, c’est vrai, de nous rencontrer, de nous voir en profondeur et, surtout, de nous comporter en frères, car le temps passe et nous n’avons plus beaucoup de temps pour sauver ce qui doit l’être.

Nous avons fait un long chemin avant d’éprouver le besoin, depuis les origines, de retrouver nos racines au lieu de nous tourner le dos comme autrefois ou de nous dénigrer, les uns les autres, tout en niant notre existence en tant que peuple, culture ou civilisation. Au moins toi, condamné à mort, tu as donné la preuve que tu es digne de Jugurtha.

A ce propos, j’ai eu l’insigne “tristesse” de visiter, à Rome, le lieu où il avait vécu captif  et crevé de faim… dans la même cellule où, enchaîné tout comme lui, Vercingétorix, le Gaulois, avait péri. Deux colosses de l’histoire qui servent de jalons sur le chemin de la liberté.

Voici ce que j’en pense frère… toi que je connais sans t’avoir jamais vu parce que de toi émane le même écho que celui que j’essaie de faire répercuter…”

 

Cette lettre que m’a adressée M. Mahdjoubi Aherdan, un grand militant de la cause identitaire et culturelle amazighe au Maroc, m’a, je dois l’avouer, incité, encouragé, au sortir de mon calvaire carcéral, à reprendre mon combat. Et c’est, modestement, en hommage à ce grand frère, que j’ai choisi de reprendre tel un flambeau, le titre « Amazigh » de la revue fondée par lui au Maroc.       

Certes, j’ai rêvé depuis bien longtemps d’un projet : fonder une maison d’édition  au  service exclusif de la langue et de la culture amazighes.

J’étais et je le suis toujours, persuadé que seule l’édition des œuvres  amazighes, sous toutes les formes, permettront à notre langue et à notre culture de survivre, de se développer et d’être réhabilitées.

Pour ce faire, le beau et ambitieux projet en tête mais  les  poches - hélas ! - vides, j’ai sollicité l’association de quelques nantis. En vain…

Déçu mais non découragé, à défaut d’une édition multiforme, pleine et entière, à défaut de capital donc, j’ai fondé les Editions Tizrigin Yuba Wissine (du nom du roi amazigh Juba II) et créé, sans aide aucune, ce modeste bulletin de communication destiné à la promotion, à la connaissance de la langue, de la culture, de l’histoire, des traditions, de l’identité et des mouvements de luttes amazighes.

La création d’Amazigh Bulletin de Communication est également une revanche personnelle sur le pouvoir inique, dictatorial algérien de l’époque noire des années postindépendance, lequel pouvoir outre qu’il détenait le monopole absolu de l’édition, interdisait la reconnaissance et la promotion de la langue amazighe.  Ce qui nous obligeait, moi, les défunts Mohamed Haroun et Mokrane Roudjane, ainsi que  Hocine Cheradi et d’autres camarades de lutte, à publier clandestinement, à Alger,  des bulletins tels : Ittij  (Le soleil), Taftilt (La lampe)

L’un des monstrueux exemples de cette répression fut la mise sous scellés  du Fichier de Documentation berbère fondé, en Algérie, par feu le Révérend Pére Jean-Marie Dallet, auteur de nombreuses recherches sur la langue et la culture berbère dont deux  dictionnaires, pour le seul motif que les services de la répression militaire ont trouvé chez moi les publications de ce Fichier.

La déclaration de guerre ouverte du pouvoir algérien contre la langue amazighe s’est “illustrée” par la suppression de l’unique cours de langue amazighe que donnait feu Mouloud Mammeri à la Faculté d’Alger (1 heure par semaine !).

Et, comble de tout, en mars 1980, l’interdiction d’une conférence sur la poésie amazighe ancienne que devait donner Mammeri...

Nous ne le rappelerons jamais assez que la  génération de militants précurseurs qui se retrouvaient, de ce fait, entre le marteau et l’enclume, entre la dictature omniprésentre du pouvoir algérien et le terrain culturel en friche voire désertique hérité de nos ancêtres, a  payé un lourd tribut pour sa résistance et sa révolte.

Biensûr, le diabolique pouvoir algérien ne rate jamais l’occasion de “diaboliser”, terroriser, persécuter et d’assassiner les militants de cette langue amazighe.

Sortir de cette infernale, indésirable, indésirée et insupportable clandestinité était mon leitmotiv : être inscrit au registre de commerce, être déclaré aux impôts, avoir pignon sur rue, écrire, imprimer, publier, distribuer, lire librement est, pour moi, de même que pour tous  les militants de ma génération, une ineffable victoire sur le système oppressif et répressif algérien.

Quel bonheur de faire, à chaque parution d’Abc Amazigh, le dépôt légal à la Bibliothèque nationale, à Alger ! Quelle immense victoire !

Les grandes peurs que nous avons vaincues, ce sont la sortie de l’anonymat et la publication même des photos des auteurs, sur les “une” et dans les pages intérieures d’Abc Amazigh. Une manière d’exorciser les démons qui nous gouvernent. A noter également la participation féminime à visage découvert.

L’autre grand acquis, grâce à cette modeste publication, chemin – très difficilement – faisant, c’est l’adhésion militante, pionnière et généreuse d’acteurs économiques algériens, par le biais des pages publicitaires et du sponsoring des concours culturels que j’ai organisés : Laboratoires Sapeco – Venus Cosmétiques, Limonaderie Djurdjura, Limonaderie Hamidouche - Ithri,  Laboratoire Laboref,  G.t.a, Cevital, E.s. Batna, Imprimerie Hasnaoui, Vague de Fraîcheur,  Sidesal, Abc Computer, Alpha Transit, Kabimex,  A.s.f.a.m., Prodiglace - Magic - Glace, S.a.l.a.m., P.c. Plus Computer Algérie, l’Entreprise Egbase, le Cabinet de Comptabilité et de Gestion Sehad, et, pour la première fois, une entreprise nationale, l’Enap, avec, en première exigence de leur part, que leur slogan publicitaire soit traduit en amazigh ! Jetant, ainsi, les bases fondamentales et légales d’une stratégie socio-économico-culturelle, association vitale pour notre langue et culture.

La revue Abc Amazigh  s’était bien faite connaître et appréciée par la presse nationale, et ce, à chaque parution. Certains quotidiens m’avaient même offerts gracieusement et généreusement des pages de publicités. Je les en remercie tous infiniment.Voici quelques extraits d’appréciations :

“Le contenu scientifique de ce bulletin - dirigé par Smaïl Medjeber, l’un des pionniers de la revendication de l’identité amazighe de l’après-indépendance de l’Algérie - confirme qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas plus de réhabiliter l’amazigh, mais de produire cette langue…  Cet éventail ouvert prend en charge avec bonheur - ce qui est rare dans ce genre de revue spécialisée - la tri culturalité des lecteurs auxquels la revue s’adresse : le français, l’arabe et l’amazigh se solidarisent pour développer, sans aucune susceptibilité culturelle la question majeure de l’écrit amazigh. ” Le Matin, 09/04/1996. “A distance des sirènes politiciennes : OUF ! Voilà une revue qui aborde la question de la langue  amazighe sans se laisser aspirer par les sirènes politiciennes...Cette revue mensuelle de recherche linguistique, scientifique et littéraire, qui en est à son dix-septième numéro, fait une digression au pays de Galles pour nous parler des langues secondes dans les communautés bilingues ou  plurilingues. On y trouve aussi une évaluation de trois années d’enseignement de l’amazigh dans des classes pilotes algériennes. Le bilan n’est ni glorieux ni désastreux. Beaucoup reste à faire à tous points de vue, notamment au plan du statut de la langue. C’est dit sans surenchère ni passion excessive. Si tous les numéros sont conçus dans cet esprit, assurément la revue Abc Amazigha choisi la voie du débat d’idées, de la construction. La plus sûre. ” (D. H.) Libre-Algérie n°13, 1 - 14/3/99.

Abc Amazigh que dirige l’infatigable Medjeber n’arrête pas de nous surprendre. Agréablement s’entend… Dans l’ensemble, Abc Amazigh se maintient. Avec peu de moyens, cette revue ne se laisse pas abattre par un environnement hostile. Que la résistance continue !” (A.L)  Libre-Algérie n°33, 6-19/12/99

Même la télévision d’Etat lui a fait la pub, dans un journal télévisé, en affichant en plein écran la “une” du numéro 30 qui venait de paraître, avec pourtant un gros titre ultra osé : Le cahier de classe amazigh qui fait trembler royaume et république !

ABC Amazigh a servi également de relais en portant les messages culturels contenus dans d’autres publications qui paraissaient au Maroc, telles : Tifinagh, Tifawt...

La revue ABC Amazigh née en 1996, ne vivra que quarante numéros et deux hors-séries. Elle rendra l’âme en 2001. A cause, forcément, du défaut de lectorat donc de rentabilité. Hélas !

La réédition en France chez L’Harmattan, en deux volumes, d’une sélection de textes publiés auparavant, a retranscrit mon expérience éditoriale en Algérie. Une réédition appréciée par M. Bertrand Delanoê, le Maire de Paris en ces termes : « En retraçant l’histoire d’ABC Amazigh, vous témoignez utilement pour une revue qui fut un  vecteur remarquable de la réflexion et de la culture berbères. Que cette expérience précieuse puisse nourrir demain de nouvelles espérances ! »

C’est aussi l’occasion de rappeler mon défi pour un millier de lecteurs de la langue amazighe, lancé à l’adresse des militants. La langue amazighe cherche, toujours, ses lecteurs et lectrices désespérément.

La création, récemment, d’un blog dont le nom est similaire à celui de la revue : Amazigh Blog de Communication, le mot « Blog » remplaçant le mot « Bulletin », est une opportunité. Plus : une résurrection aprés sa disparition. Et ce, afin de faire, un tant soit peu, revivre cette revue, les moyens de l’internet aidant. Avec la même ligne et rigueur éditoriale bien sûr.

Dans ce blog, il y a et il y aura – parce qu’il est encore en construction – différentes rubriques et des  thèmes variés et riches : Histoire, Mémoires, Hommages, Littérature, Bibliothèque, Arts plastiques, Cinéma, Théâtre, Musique, Proverbes, Humour... Des rééditions et des actualités. Et ce, afin de faire le mieux et le plus possible connaître notre langue et notre culture. Vos contributions et avis y seront les bienvenus. Faisons, ensemble, de ce Blog, un bloc de béton, voire, mieux, un bloc d’Or.

 

Voici le lien direct de connexion à ce blog : http://amazighblogcommunication.wordpress.com

Le blog comprend aussi des vidéos dont voici des liens : www.youtube.com/embed/4HKNSEIHLeA ou bien : http://www.youtube.com/watch?v=4HKNSEIHLeA

Je vous y invite tous et toutes. Invitation à partager avec vos contacts et vos amis (ies).

Vous y êtes, tous et toutes, les bienvenus (es). En plus, c’est gratuit ! 

Amazighement vôtre,

Smaïl Medjeber (defiberbere@hotmail.fr )

P.s : Je remercie d’avance tous ceux qui publieront ce texte dans leurs sites. Je remercie aussi infiniment d’avance ceux qui accepteront d’insérer, continuellement, dans leurs sites le lien de mon Blog. Ce que je ferais pareillement. Solidarité oblige. 

 

Par Smaïl Medjeber

 

 

 

        Comment pourrais-je me taire?

 

Ils seront là, les soldats d'Allah. Ils nous rendront visite, les fous de Mahomet. Nous, les égarés de l'Occident, avons besoin de leur bénédiction. Invités par le Collectif Indépendance que sponsorise l'organisme charitable HCI (Human Concern International), ils viendront d'Europe nous sauver de l'enfer. Ils comptent laver nos sacrilèges. Ils nous montreront le droit chemin, à nous les pervertis, les dévergondés, les libertins, les égoïstes, les impies, les mécréants. Ils péroreront les 7 et 8 septembre au Palais des congrès de Montréal. Ils y prêcheront la Parole révélée, y dénonceront les Croisés et y blâmeront nos femmes. Et ils le feront dans deux langues, en arabe et en français.

Oui, dans la langue de l'Homme rapaillé, pour qu'ils touchent les enfants perdus du Québec. Ils nous proposeront la recette qui permet de décrocher le ticket du paradis. Courez les voir, mes sœurs et frères québécois. Réservez vite vos places, car il y aura foule au Palais des congrès. Il y aura des naïfs et des fanatiques. Il y aura des curieux, des barbus, des étudiants, des chômeurs, des fous et des solitaires.

Courez! Les jeunes Nader Abou Anas et Farid Mounir vous attendent avec componction. Ils vous raconteront de belles fables qui vous feront rire et pleurer. Ah, qu'ils sont séduisants, ces mômes. La barbe brossée à l'afghane, une chéchia vissée sur la tête, ils vous exhorteront, ô femmes libres du Québec, à porter le voile. Ils parleront sous l'œil malicieux de leur aîné, Mohamed Patel, un savant en charia. Vous serez séduits par la barbe blanche et fleurie de ce cheikh, ce responsable du Conseil de la fatwa du centre islamique de la Réunion. Il vous dira comment manger halal. Il vous parlera de la famille vertueuse, de la finance au service de Dieu et vous fera découvrir les trésors de la science islamique. Il vous présentera son frère Mohamed François, un drôle de converti d'Indre-et-Loire, qui vous expliquera comment craindre Allah et comment imposer la burqa aux femmes de la Belle Province.

Courez donc réserver vos places. Vous ne le regretterez pas, mes amis. Vous contribuerez à l'islamisation du monde et vous gagnerez des hassanat *. Chaque billet vendu, c'est 20 dollars de plus dans l'escarcelle de la Oumma **. Vous n'en serez pas déçus, au contraire: vos péchés en seront

lavés et votre âme purifiée.


Au Palais des congrès de Montréal, nos dévots prédicateurs vous demanderont d'obéir, ô femmes libres du Québec. Ils vous interdiront de faire la fête et de boire une bière à une terrasse de café. Ils vous diront que la vie ici-bas n'est qu'éphémère et que la vraie vie est ailleurs, dans l'au-delà.

Rangez vos bijoux, vos fragrances, vos tubes de maquillage, vos pantalons et vos jupettes. Couvrez-vous le corps de la tête aux pieds, obéissez à vos époux et criez Allah est grand.

Quant à vous, hommes libres du Québec, nos pieux prédicateurs vous demanderont de ne pas danser, de ne pas chanter, de ne pas jouer de la guitare et du piano. Ils vous convaincront que la musique est métier de Satan. Ils vous diront qu'elle corrompt les cœurs et les esprits. 

Oubliez donc Céline Dion et Félix Leclerc, brisez vos plumes, brûlez vos bibliothèques, détruisez vos théâtres, éteignez vos lanternes et laissez les fous d'Allah glorifier la mort et le jugement dernier.
Courez au Palais des congrès, ô femmes et hommes libres du Québec. Nos vénérés cheikhs vous y vendront des arrière-mondes où il y aurait des vierges et des ruisseaux de vin.

Mais moi qui ai vu prêcher ce genre d'illuminés dans les stades et les rues d'Algérie, au début des années 90, avec pour résultat plus de 200 000 morts et d'infinies souffrances, comment pourrais-je me taire?

Je m'élève de toutes mes forces contre le laxisme des autorités canadiennes et je fais totalement mienne la Charte des valeurs québécoises.

Il faut de toute urgence évacuer le religieux de la sphère politique.

L'islamisme est comme le chiendent: il ronge les cultures.

Par Karim Akkouche - Canada

* La monnaie de l'au-delà
** La communauté des musulmans

 

 

  

 
 
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