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Association culturelle N'Imazighen

Bruxelles

Rédaction

 

 

                                                          - Langue et langue.....

                                                            - Tifsutin Imazighen deg Bruksel

                                                          - Printemps berbères 1980/2001

                                                           - Lettre de FERHAT         

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

                          ...

 

                       Union Amazighe de Belgique*

Adresse : Rue de Miroir 5-7
E-mail : union.amazighe.belgique@gmail.com 
Téléphone : 0486 30 35 17

                       Invitation

 
Madame, Monsieur,

L’Union Amazighe de Belgique organise, le 11 janvier 2014, le Nouvel An Amazigh – Yennayer 2964. Souhaitant partager avec vous les joies de cet évènement, vous êtes cordialement conviés au Centre Communautaire Maritime situé à rue Vandenboogaerde 93, 1080 Molenbeek-Saint-Jean. 

Dès 15h, vous découvrirez le monde Amazigh à travers des conférences-débats, plusieurs stands d’informations, des expositions de peintures, de livres, d’artisanat, vêtements, etc. Le traditionnel couscous sera servi dès 17h jusque tard. La soirée se terminera par un concert exceptionnel pour nous accompagner vers la porte du Yennayer 2964.

Dans un souci d’organisation, nous vous prions de confirmer votre présence avant le 09/01/2014 en envoyant votre nom, prénom et nombre de personnes au courriel union.amazighe.belgique@gmail.com. De plus amples informations sont fournies au verso. 

Dans l’attente de vous compter parmi les convives, les associations Amazighes de Belgique vous transmettent toutes nos sympathies et sincères vœux pour la nouvelle année 2014 et Yennayer 2964. 

Amicalement,
Union Amazighe de Belgique
Aissa Dmam - Coordinateur du projet de l’organisation de la fête du Nouvel An amazigh

Avec la participation de :
*L’Union Amazighe de Belgique:
- Assemblée Mondiale Amazighe AMA Belgique asbl,
- Yuba II asbl, 
- Takrist asbl, 
- Association Culturelle N’Imazighen asbl, 
- Tamazight asbl, 
-  Therlli vzw, 
-Thaddarth N’Imazighen-Huis van Amazigh 
-  Welpen van Brussel.

Programme :

Expositions de 15h à 22h.


· Ramia Tahiri artiste peintre
· Abdeslam Haddouch artiste peintre
· H’mmu Kamous artiste peintre, Caligraphe, chanteur compositeur.
· …
Conférences de 14h à 16h : sous le thème :
- L’immigration Amazighe en Belgique, La situation socio-économique, politique et culturelle en Afrique du Nord «Tamazgha», la situation politique et humanitaire en Azawad.


14h00 à 14h15 : Mohamed El Battiui (Académicien et professeur chercheur à l’ULB – l'Institut Cooremans)
14h15 à 14h30 : Moussa Ag Acharatoumané (représentant Touareg d’Azawad)
14h30 à 14h45 : Abderrahman Alaissati (Linguiste et professeur chercheur à l’université d’Utrecht)
14h45 à 15h00 : Aksel Azergui (écrivain, linguiste et poète)
15h00à 15h15 : Pause café
15h15 à 16h00 : Débat


Souper de 17h à 22h : partage convivial du repas de Yennayer 2964


· Couscous de poulet ou agneau
· Fruits secs 
· Thé à la menthe 

Le concert de 19h à minuit + poésie :
18:30-18:55 : De Dans « RUH » (Troupe de danseuses de Gand)
19:00-19:30 : Hamouda Atlas
19:35-20:05 : Najib Amazigh
20:10-20:40 : Idirad ( Kabylie)
20:45-21:15 : TIMES ( Kemmous Hemmou)
21:20-21:50 : Kel Assouf (groupe targui)
21:50-22:00 : Poésie avec Badr Aiyachi
22:00-22:50 : Fatoum et Hafid Thifridjas
22:50-23:00 : Poésie avec Ilmas Ouachikh
23:00-24:00 : Groupe Tifyur
Lieu.
Centre Communautaire Maritime, rue Vandenboogaerde 93, 1080 Molenbeek-Saint-Jean.

Par transport en commun (STIB) :
· Bus 14,15, 89 – arrêt Picard.
· Métro 2 et 6 – arrêt Simonis ou Ribaucourt
· Tram 51 – arrêt Vanderschelen.

Réservation et tarifs.
Concert : prévente 10€ 
Sur place 12€
Enfants gratuit jusqu’à l’âge de 12 ans et moins de16 ans 5€.

Repas + concert 25€.
ATTENTION : Pour mieux vous servir nous vous demandons de réserver vos places. Les organisateurs n’assureront que les repas réservés. Merci de votre compréhension et au plaisir de vous accueillir. 

Infos par téléphone :
Aissa Dmam : 0486 30 35 17
Mary Lindekens : 0472 97 87 44
Chérif Hamdis : 0496 78 50 20
Moussa Fathi : 0484 18 07 74

Par email :
En indiquant vos noms, prénoms : union.amazighe.belgique@gmail.com

Par virement bancaire :
N° compte bancaire pour prévente et réservation: BE47 377048339480 
Communication nom+prénom+ Yennayer 2964

   

                       Langue et  langue !!

 

Mouloud Mammeri disait :

«une langue officielle est une langue qui possède une police et une armée»

 

            C’est le cas actuellement de la langue arabe en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie et Libye).

Ce n’est pas le cas de la langue kabyle qui ne possède pas encore d’Etat et ne le deviendra que dans une Kabylie libre, autonome et débarrassée de toute occupation étrangère.

 

            On estime qu’il y a environ entre 3.000 et 5.000 langues considérées comme plus ou moins importantes dans le monde même si l’histoire ne les a pas toutes traitées de la même façon.

Quand les autorités politiques portées à la gouvernance suite à des coups d’Etats ou arrivées au pouvoir par le biais d’élections truquées n’œuvrent pas directement et franchement à les faire disparaître. Certaines langues ayant résisté et qui résistent encore et toujours sont réduites au statut de «patois» ou «dialecte» par la volonté des Princes qui gouvernent le pays berbère (Tamazgha).

Aujourd’hui, nous le savons tous y compris les organisations des Nations Unies qui ne cessent de  répéter que la langue maternelle est un élément primordial de la culture et du développement de la personne humaine.

La langue maternelle est supérieure à celle des dieux et des prophètes.

Cependant pour qu’une langue s’épanouisse, se modernise et se développe elle doit d’abord être enseignée, s’écrire pour servir de moyens d’expression et de compréhension mais aussi pour véhiculer un savoir-faire, instruire de nos valeurs et symboles, bref assurer une fonction sociale au sein d’un peuple.

 

            Pour ce qui concerne la langue berbère en général, même si elle possède un alphabet vieux de 3000 ans, elle est demeurée principalement orale, très peu écrite ou totalement disparue de nos jours sinon sur quelques stèles à travers ce vaste territoire de l’Afrique du Nord et des Iles Canaries.

Cette langue combattue par tous les envahisseurs, quelques fois méprisées par ses propres locuteurs, zélés serviteurs de l’occupant, hier comme aujourd’hui d’ailleurs, complexés et préoccupés par la recherche du bien-être du ventre. Inutile surtout, de parler d’une certaine élite amazighe sensée  prendre en charge cette langue berbère et la défendre, elle se trouve tout simplement reléguée, à peu de choses près  aux oubliettes de l’Histoire.

Cependant, il y a tout de même encore des combattants et producteurs amazighs malgré les entraves et embûches semées par les dictatures en place. «Skud llan yergazen» (Tant qu’il y aura des hommes) disait Matoub Lounès.

 

            C’est grâce aux énergies complémentaires de deux hommes de Kabylie, Mouloud Mammeri et Bessaoud Muhend-Aarav que l’identité et la culture berbères retrouvent peu à peu leurs lettres de noblesse.

En effet, Mouloud Mammeri (1) écrivain de langue française et kabyle a pour lui la légitimité intellectuelle eu égard aux nombreux ouvrages publiés dans ces deux langues.

 

Bessaoud Muhend-Aarav (2), également écrivain de langue française ancien officier de l’ALN durant la guerre de libération nationale de 1954 à 1962, fondateur de l’Académie Berbère à Paris, éditeur responsable de la revue «IMAZIGHEN», militant infatigable de la cause amazighe, père spirituel de l’identité berbère a pour lui la légitimité historique.

Ces deux principaux personnages ont mené, chacun à sa manière, cet incessant combat contre la politique linguistique et culturelle mise en œuvre par le pouvoir algérien depuis l’indépendance en 1962.

Ce pouvoir qui se définit constitutionnellement comme arabe et musulman : la langue berbère n'y a jamais eue aucune place, ni dans le discours, ni dans les pratiques quotidiennes et encore moins dans les Institutions (Ecole, Administration, Justice...etc.). La langue berbère est délibérément occultée, niée, et méprisée hier comme aujourd’hui.

 

            Lorsque le discours officiel se fait explicite, il apparaît clairement que l'un des objectifs fondamentaux de la politique linguistique est l'éradication de la langue et culture kabyles, voire du peuple kabyle. En effet, pour les tenants du pouvoir arabo-islamiste la diversité linguistique est considérée comme un danger pour l'Unité Nationale, un poison et un germe de division. Le pouvoir considère que l'unification linguistique doit parachever la construction de la nation algérienne, c’est à dire d’une Algérie arabe et musulmane. Le reste n’a aucun droit à l’existence.

Le choix est donc assez limité : tu épouses, tu appliques ou tu disparais !

En clair, tu es citoyen à part entière du pays si tu te revendiques arabe et musulman. Pour celui qui se veut Kabyle et se réclame de son amazighité, il peut survivre en tant que demi-citoyen à peine toléré sur ses propres terres occupées par l’impérialisme arabo-islamiste.

 

            Cette orientation est d'autant plus enracinée qu'elle repose sur une double filiation : le modèle mythique de la cité islamique homogène, unie autour du Prince, chef légitime de la communauté des croyants, d'une part et le modèle français de l'Etat-Nation centralisé, linguistiquement et culturellement unifié, de l'autre.

Malgré le combat mené principalement par les Berbères nord-africains pour libérer les pays d’Afrique du Nord, nous souffrons encore de cet héritage «copier/coller» du centralisme jacobin français. Rien n’a été épargné pour les Berbères !

 

            La situation actuelle de la langue berbère est donc certainement inédite. Sans doute pour la première fois dans son histoire, elle est confrontée à une politique visant précisément à son élimination. Les moyens mis en œuvre pour cela sont ceux des Etats modernes, extrêmement divers et puissants, sans commune mesure avec ceux dont pouvaient disposer les pouvoirs anciens : scolarisation généralisée, médias, service militaire, tissu administratif très dense, contrôle étroit de la vie et de la production culturelle, contrôle de l'environnement quotidien, délégitimation systématique, symbolique et juridique, du berbère.

Dans de telles conditions, quel peut être l'avenir de la langue berbère en Afrique du Nord ? (3)

 

En ces matières, tout pronostic ne doit être avancé qu'avec prudence. La langue et la culture berbères ne sont plus protégées, ni par la géographie ni par les formes d'organisation sociale traditionnelles. Exode rural massif avec urbanisation dans la ville à dominante arabe, disparition des cellules et modes de production traditionnels, scolarisation massive en langue arabe, action quotidienne de la radio et la télévision... attaquent avec une violence inconnue jusque-là le socle culturel berbère. Même les femmes, gardiennes séculaires de la langue et de la culture, sont maintenant directement soumises à ce travail d'érosion.

Pourtant, les éléments qui fondent un certain optimisme quant à l'avenir du berbère sont réels, même s'il est encore difficile d'en apprécier les chances et le devenir.

Depuis les indépendances, une mutation essentielle s'est opérée : la conscience identitaire s'est formidablement renforcée et l'affirmation berbère est devenue un phénomène touchant de larges couches de la population, notamment la jeunesse. Cette situation est, pour l'instant, surtout propre à la Kabylie et il serait dangereux d'extrapoler mécaniquement à partir du cas de cette région.

Bien sûr la situation globale des Berbères, de la langue berbère est difficile et les progrès très lents. Le travail scientifique, culturel et politique mené par les berbérophones depuis les indépendances n'a pas été sans retombées ; les idées mises en circulation ont fait leur chemin. L'aspiration berbère s'exprime désormais ouvertement et de plus en plus solidement et modifie sensiblement l'échiquier intellectuel et politique nord-africain. En deux décennies un véritable retournement historique s'est produit.

 

Pour l'avenir, s'agissant de ces Berbères rarement maîtres absolus de leur destinée, mais aisément révoltés, souvent vaincus, mais jamais encore assimilés, morcelés depuis des siècles, mais d'un particularisme toujours vivace, il est sans doute plus sage de se garder de tout jugement définitif.

 

            Les moyens, bien maigres et sournoisement mesurés, accordés par les gouverneurs arabo-islamistes aux commandes des pays nord-africains  sont insignifiants, voire ridicules par rapport au chantier gigantesque qui reste à entreprendre pour sortir cette langue du folklore habituel où elle se trouve volontairement enfermée.

Il est clair que les Kabyles et la Kabylie n’ont strictement rien à attendre de cette dictature algérienne qui a confisqué le pays depuis son indépendance en 1962.

            Aujourd’hui, le MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) et son représentant le GPK (Gouvernement Provisoire Kabyle) mènent un combat pacifique pour un Etat régional kabyle où cette langue sera officielle et son enseignement assurée à tous les niveaux scolaires.

C’est la seule garantie de sauvegarder notre langue maternelle ainsi que la culture kabyle avant leur disparition programmée par le colonialisme arabo-islamiste d’Alger.

L'histoire appartient aux hommes : laissons donc ceux qui sont concernés décider de leur destin.

 

(1) -Œuvres de Mouloud Mammeri, un homme au service de la langue kabyle.

Romans :

La colline oubliée - Paris, Plon

Le sommeil du juste - Paris, Plon

L’opium et le bâton - Paris, Plon

La traversée - Paris, Plon

 

 Nouvelles :

Ameur des Arcades et l’Ordre - Paris, Plon

Le zèbre, Preuves - Paris

La meute, Europe - Paris

L’hibiscus - Montréal, Canada

Le désert atavique - Paris

Ténéré atavique - Paris, Revue Autrement

Escales - Alger, Révolution Africaine

 

Théâtre :

Le foehn ou la preuve par neuf - Paris, Publisud

Le banquet, précédé d’un dossier, la mort absurde des Aztèques - Paris

La cité du soleil, sortie en trois tableaux et entretien avec Tahar Djaout

 

Traduction et critique littéraire:

Les isefra de Si Mohand ou Mhand - Maspero

Poèmes kabyles anciens - Maspero

L’ahellil de Gourara - Paris, MSH

Yenna-yas Ccix Muêend— - Alger

Machaho, contes berbères de Kabylie - Paris

Tellem chaho, contes berbères de Kabylie – Paris

 

Grammaire et linguistique:

Tajeôôumt n tmazi$t— - Paris, Maspéro

Précis de grammaire berbère - Paris, Awal

Lexique français touareg - Paris

Amawal tamazi$t-français et français-tamazi$t, Imedyazen— -  Paris    

Awal, Cahiers d’études berbères, sous la direction de Mouloud Mammeri 1985-1989 - Awal, Paris.

 

(2)- Œuvres de Bessaoud Muhend-Aarav :

- Heureux les martyrs qui n’ont rien vu (1963

- Le FFS, espoir et trahison (1966)

- L’identité provisoire (1977)

- Quelques pages de notre Histoires anciennes et récentes (en collaboration avec Saïd Aït-Ameur)

- L’histoire de l’Académie Berbère (1966-1978)

 

(3)- Salem Chaker : Encyclopédie berbère : VI - 

(Arabisation)

 

 

 

                          Printemps Berbères 1980 et 2001

           Samedi 27 avril 2013 à Bruxelles - Belgique

 

L’association culturelle n’Imazighen asbl vous invite à la commémoration des deux Printemps berbères de 1980 et 2001.

Venez écouter et découvrir, pour beaucoup d’entrevous, à Bruxelles Massa Bouchafa, grande vedette et ambassadrice de la chanson kabyle.

Après avoir sillonné toute l’Algérie et la France, Massa vient de rentrer du Canada après une tournée triomphante.  Elle revient à Bruxelles pour la deuxième fois chez n’Imazighen.

En effet, en avril 2000 elle était présente à la «Ruche Verrière» à Lodelinsart-Charleroi avec une équipe de la BRTV pour un Printemps berbère.

Beaucoup d’albums avec de nouvelles chansons sont nés depuis cette date et sont venues enrichir son très large répertoire.  

C’est ce samedi 27 avril 2013 à 19h30 au centre culturel de De Pianofabriek à Saint-Gilles, que Massa Bouchafa animera ces Printemps berbères par un concert de chants kabyles. Une ambiance conviviale est garantie

Une petite exposition, afin que nul ne puisse oublier, ces jeunes victimes kabyles tombées à la fleur de l’âge sous les balles assassines de la gendarmerie algérienne.

 

Un accueil chaleureux vous sera réservé à la salle Zabriski-Point.

Rencontres et animations autour de l’exposition à partir de 17h00.

 

Adresse : Centre culturel flamand de De Pianofabriek

Rue du Fort, 35 – 1060 Bruxelles (Saint-Gilles)

 

Le concert est de 19h30 à 22h00.

 

P.A.F. - Entrée gratuite pour les membres de l’asbl et pour les enfants 0 à 12 ans

           - 10,00 euros sur réservation par téléphone ou par e-mail

           - 12,00 euros sur place

 

Renseignements : Chérif Hamdis –  0496 / 785 020 /ou 067/ 64 67 75 ou cherif.hamdis@skynet.be

 

 

A quand le printemps berbère de liberté pour le peuple kabyle  ?

 

            Comme chaque année depuis 1980, c'est de nouveau la période d'effervescence et d’ébullition pour toutes les associations culturelles amazighes d’Afrique du Nord, en Algérie et au Maroc principalement, mais aussi en Europe parmi la diaspora berbère pour préparer et commémorer dignement cet événement. Hélas, souvent après les manifestations organisées à l'occasion de cet anniversaire douloureux, beaucoup de ces organisations retombent dans une léthargie profonde et sommeillent en attendant le printemps prochain. Il est heureux tout de même de constater que, malgré les embûches et de multiples difficultés de tous genres, des associations sérieuses et crédibles œuvrent continuellement sur le terrain de la revendication identitaire et de l'affirmation au quotidien de leur amazighité.

            Au pays, les événements auxquels nous assistons ces derniers temps ne laissent personne indifférent. Tous ceux qui ont tant donné, certains y ont même laissé leur vie, pour une Algérie plurielle et démocratique et contre l'intégrisme arabo-intégriste sont de plus en plus inquiets de la démarche adoptée par ce régime raciste et anti-kabyle d’Alger.

Toute manifestation aussi pacifique et combien légitime aussi légitime est directement noyée dans le sang.

            Pourtant chaque Printemps berbère de 2013, né de celui de 1980 et de celui de 2001, dénommé Printemps noir, eu égard à plus de cent victimes, ne sera pas tout à fait comme les autres. Le  souvenir de Matoub Lounès est plus que jamais présent dans nos cœurs et hante nos esprits comme celui de tous les jeunes kabyles tombés sous les balles assassines de la gendarmerie du pouvoir d’Alger. Il en est de même pour tous les Imazighen, ces hommes et ces femmes blessés, torturés mais restent toujours attachés à la liberté.

            Cet événement sera totalement dédié à leur mémoire, celle de Matoub et de ces jeunes fauchés à la fleur de l’âge. Nous nous rappellerons de ce maudit jour que fut le 25 juin 1998 où des balles tirées par une bande de lâches criminels en service commandé par le pouvoir sont venues le ravir à son peuple. Cet Kabyle hors du commun aura milité et mené un combat avec toutes ses forces et son énergie pour la liberté et la reconnaissance de la langue tamazighte jusqu'à ce jour fatidique. L'idéologie arabo-islamiste à  cru bon de faire taire une voix mais l'esprit demeure  et aujourd’hui, le cri de la révolte tonne encore plus fort.

            Nous nous rappellerons aussi de tous ces jeunes du Printemps noir de 2001 tirés comme de vulgaires lapins par une gendarmerie et forces de répression au service d’une dictature sous le présidée par Bouteflika et de son sinistre ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni. 127 vies ont été ôtées à leur famille sans compter des milliers d’autres jeunes handicapés à vie.

 

            La culture berbère a ainsi perdu, en la personne de Matoub, un de ses plus ardents défenseurs, cependant, certains hommes politiques kabyles quant à eux ont gagné un héros à défaut de mobiliser les foules sur des programmes insignifiants, loin des aspirations populaires du peuple de Kabylie. Cette révolte de 2001 menée par une jeunesse sans espoir n’était que la suite logique de la voie tracée par leur icône Lounès Matoub.

 

Dda Muhend Aarav Bessaoud, fondateur de l’Académie Berbère à Paris, ne cessait de répéter de son vivant : «la politique nuit à tamazight.

A chacun son combat et son … intérêt.

            C’est suite à ces événements de ce «Printemps noir» qu’est né le M.A.K. (Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie) en juin 2001, afin de mettre un terme à tant de sang versé par la jeunesse kabyle lors de chaque commémoration en avril de chaque année.

Est-il raisonnable et responsable de continuer dans cette voie et laisser couler le sang de cette jeunesse kabyle qui rêve d’un bien être que son vécu actuel ? Il était heureux que le MAK pour toute la Kabylie mette fin à cette tragédie en traçant une autre issue avec des objectifs à atteindre répondant à l’espoir et à l’attente de tout un peuple digne. 

 

            Aujourd’hui, notre choix est clair, simple, difficile certes mais connu de tous et ne souffre d'aucune ambiguïté malgré cette conjoncture  terrible aux lendemains imprévisibles. C'est le même chemin tracé par des hommes clairvoyants qu’étaient  Mouloud Mammeri, Muhend Aarav Bessaoud et Lounès Matoub pour la liberté de la Kabylie, pour que tamazighte retrouve sa place chez-elle, en tant que langue officielle en Kabylie.

Nous nous sommes engager à poursuivre dans cette voie, à soutenir le défi lancé par notre région, celui de perpétuer la mémoire des militants kabyles tombés pour la défense de leur langue et culture berbères et pour que triomphe cette juste et noble cause pour laquelle ils se sont sacrifiés.

 

            Nous serons présents à chaque fois qu'il le faudra, à chaque commémoration pour rappeler au monde entier et plus particulièrement au pouvoir d’Alger que Tifsutin Imazighen (Printemps berbères) de 1980 et de 2001 sont et seront les véritables détonateurs de la liberté d'expression, d’un combat démocratique et surtout le jour  où les Kabyles ont vaincu la peur d'un système unique et inique. La tendance est maintenant inversée car c’est le pouvoir qui a peur de la Kabylie. L'émergence de l'identité berbère est née en Kabylie, s'est exprimée au grand jour en Algérie et en plein cœur d'une région attachée à la liberté depuis la nuit des temps.

            Nous continuerons de dénoncer ce système qui a fait de l'Algérie sa chasse gardée en utilisant sans cesse et avec acharnement une stratégie d'étouffement, de dénigrement et perversion de l'identité amazighe. Ceci n'a pas empêché, qu'aujourd'hui, grâce à ce travail de fourmi et de sensibilisation, très peu de personnes en Europe où vivent des communautés berbères importantes ignorent la signification du Printemps berbère.

 

            Un souffle nouveau venant de Kabylie a failli emporter tout ce clan de rentiers à vie, eux les ennemis jurés d'une nouvelle ère de liberté, de démocratie et de l'amazighité. En effet, c’est surtout cette dernière qui leur procure des cauchemars car  véhicule du pluralisme, de tolérance et de justice.

En ce mois d’avril 2013, ayez une pensée profonde pour toutes ces victimes du 20 avril 1980 qui aujourd'hui encore portent de graves séquelles de cet assaut sauvage donné par les forces de sécurité (de répression), et pour tous ces jeunes morts emportés par des balles explosives en avril 2001!       

Tizi-Ouzou, Bougie, Bouïra et la Kabylie n’étaient plus que des noms anonymes, ce sont maintenant des noms de villes et de région synonymes de combat démocratique qui ont porté haut le flambeau de la revendication culturelle et identitaire kabyles.

            Le Printemps berbère a engendré un mouvement de protestation, de soulèvement sans précédent qui a su mobiliser tout un peuple au point de causer un tremblement de terre au sein du système arabo-islamiste, c’est un avertissement sérieux donné à tous les négateurs  formés à l'école baâtiste orientale.

 

 Cependant, les choses n'ont malheureusement pas évoluées d'une manière significative pour pouvoir espérer un changement quelconque, bien au contraire, le pire même est à redouter. L’Algérie est le seul pays où l'on essaye de faire du neuf avec du vieux.

Le pouvoir est toujours le même. Il est aussi sourd et hermétique que ses prédécesseurs à la question identitaire kabyle, quoique certains n'hésitent plus selon… les circonstances à  revendiquer leurs origines berbères tout en demeurant encore orphelins de langue et d'histoire.

Au fait,  ce ne sont que les hommes qui changent, fatigués ou usés, grabataires et malades, parfois désabusés ou renvoyés, la politique reste identique avec la même cécité en feignant d'ignorer une juste revendication. Il n'y a aucune éclaircie à l'horizon.

 

La question qui mérite d'être posée pour l'heure, c'est celle de savoir :

-         combien de temps faudra-t-il attendre pour que la première langue de l'Afrique du Nord soit enfin reconnue ?

-         combien de temps faudra-t-il attendre pour qu’arrive le printemps de liberté ?

 

Dans les quelques provinces (très peu) où l'enseignement organisé dans des classes dites "pilotes" existe encore, il faut savoir que jusqu'à maintenant la note de tamazight n'est toujours pas comptabilisée dans la fiche scolaire, n'est-ce pas une façon parmi tant d'autres de démotiver les élèves et leurs parents ? Pourtant, les enseignants de tamazight regroupés au sein de leur propre association à Tizi-Ouzou n'ont jamais ménagé leur peine et leurs efforts auprès du ministre de l'Education nationale pour obtenir la concrétisation de cette note. Que dire alors des entraves et contraintes administratives que ces mêmes enseignants kabyles rencontrent au quotidien au cours d'une année scolaire uniquement pour les dissuader d'arrêter l'enseignement de tamazight ! Ce n'est que leur dévouement et l'attachement à notre langue maternelle qui leur permet de  supporter encore les tracasseries  et mesquineries dressées  à dessein par les responsables d'établissements scolaires. Malgré cette situation précaire ils sont toujours restés fidèles à leurs postes. En Algérie, les élèves peuvent étudier le chinois ou même l’hébreu et bien d'autres langues, ils seront toujours notés, mais pas en tamazighte, langue maternelle de millions d'Algériens, comprenne qui pourra !

Que dire encore de ces prénoms berbères interdits dans le registre de l’état civil ! Les parents ne sont pas libres de choisir un prénom pour leur nouveau né parce que interdit par la loi et ne figurant point sur la feuille mise à disposition dans les APC (Mairie). En effet, il n’existe qu’une série de prénoms arabes à prendre ou à laisser.

C’est ce que nous dénonçons comme une arabêtisation forcée du peuple kabyle.

 

            Le seul espoir pour le peuple kabyle, inutile de tergiverser, est de se mobiliser uniquement et tout simplement derrière le MAK et le GPK pour son autodétermination.

C’est un droit pour chaque peuple.

 

Par Hamdis Chérif. 

 

    Lettre aux jeunes Kabyles


"A vous qui êtes appelés à poursuivre notre œuvre’’

Nous savons combien est lourde la responsabilité que notre génération remet entre vos mains.
Nous en connaissons le poids depuis que, très jeunes nous aussi, nous l’avons reçue de nos aînés.

            A votre tour, vous aurez à la léguer à vos cadets qui la remettront à vos enfants. Ainsi, de nos lointains ancêtres à nos arrières petites filles et petits fils, et ce, jusqu’à la fin des temps, chaque génération de Kabyles est anoblie par l’Histoire qui lui confie la mission de perpétuer notre souffle de vie, de dignité et de liberté de tous temps menacés par des tyrans et des envahisseurs.
Vous aurez, vous aussi, à insuffler, à cette parole aux multiples accents, que nous tenons de nos Anciens, une vitalité et un dynamisme qui seront décuplés par votre descendance. Le kabyle qui fait notre originalité et notre fierté en tant que peuple, cette langue qui nous vient du fin fond des âges et de la grande famille amazighe, est ce que nous apportons de meilleur à l’humanité. Il exprime notre âme, notre être et notre terre face au déchaînement des hommes et des éléments dont il freine la folie en leur montrant combien notre attachement à la liberté est sans limite, notre hospitalité légendaire et notre respect des autres peuples total.


            Les montagnes de poussières déposées par les vents de l’Histoire sur nos cœurs et nos yeux, nos têtes et nos épaules avaient, presque toujours, des siècles durant, égarés nos pas et nos regards vers les pays des prismes déformants. Il est encore difficile de reconstituer notre itinéraire. Aujourd’hui, flotte encore sous nos yeux, l’image du grand roi Massinissa qui, après ses délibérations officielles en punique, allait embrasser ses nombreux enfants dans une langue qui ressemblait à notre kabyle. Notre «Agellid» avait l’ambition de faire de notre terre et de notre peuple un trait d’union entre l’Orient et l’Occident, mais force lui était de constater que notre terre ne représentait pour eux qu’un lieu d’affrontement, une arène pour leurs gladiateurs luttant sans merci pour conquérir des terres, assouvissant ainsi les instincts de domination de quelques illuminés aujourd’hui présentés par leurs descendants comme les fondateurs de leur grandeur et qui font leur fierté. Notre peuple épris d’amour et de paix était réduit malgré lui, à une vulgaire réserve de soldats qu’on levait au service de causes qui étaient rarement les siennes. Nos révoltes initiées par le vaillant Jugurtha, n’ont jamais cessé.

 

            Nous sommes fiers que notre terre et notre peuple n’aient donné à l’humanité que des résistants.


            Nous n’avons pas eu à participer à la falsification de l’Histoire que ceux qui nous avaient momentanément vaincus avaient écrite pour se glorifier et nous avilir. Nous n’avons pas eu de répit pour écrire. A peine avions-nous repoussé les hordes européennes vers le Nord, dans un épuisant effort, que nous avons eu à affronter les Arabes venus de l’Est pour, sous le prétexte de l’islam, violer notre terre et notre âme, voler nos richesses et nos filles au nom d’un Dieu qu’ils n’ont jamais respecté. Ils disaient vouloir nous apporter la liberté d’Allah et ils diabolisèrent nos femmes dont nous faisions pourtant des reines, à l’image de la Kahina. Moralement nous leur étions supérieurs. Militairement, il a fallu quelques siècles pour en venir à bout. La formation de la personnalité de la Kabylie était alors amorcée. Les Almoravides, fuyant la furie des Almohades établis à Marrakech, apportèrent la dernière touche sociologique et humaine à l’édifice institutionnel de la Kabylie stabilisée depuis. L’Afrique du Nord, payant son inféodation aux califats moyens orientaux et à leurs insatiables besoins de richesses qui l’enlisèrent dans l’aventure de l’Andalousie, se désagrégea dans une confusion générale qui allait ouvrir la voie à une nouvelle conquête du sous-continent par les peuples d’Europe et d’Asie mineure.


            Dans la foulée de la Reconquista, les Espagnoles s’établirent à l’Ouest et sur la côte Kabyle et durent se replier à l’arrivée des Turcs qui établirent leur mainmise sur un territoire allant de Tunis à Tlemcen à l’exception de l’enclave kabyle. Les représentants de la Sublime Porte à Alger n’avaient que l’insulte à leur portée pour se venger de ce peuple frondeur qui les narguait et

refusait leur autorité.

            C’est la France qui, après ses deux victoires sur la Kabylie, 1857 et 1871, a fait perdre à notre peuple le contrôle de son destin. Pour le reconquérir, il s’était cru dans l’obligation de se fondre dans une nouvelle identité, un nouveau pays, un nouveau peuple, taillé sur mesure par la France coloniale, l’Algérie. L’engagement de la Kabylie pour l’indépendance algérienne fut franc, total et massif et ce depuis 1926 alors que les Oulémas, précurseurs des terroristes islamistes, aujourd’hui coupeurs de têtes au nom d’Allah, dénonçaient sans vergogne les indépendantistes dans leurs écrits.

 

L’antikabylisme prenait de l’épaisseur.


            Vous qui êtes appelés à entretenir la mémoire de nos sacrifices pour les générations qui vous suivront, sachez qu’en tant que Kabyles, nous avions oublié dans notre combat pour l’Algérie, jusqu’au fait que nous étions un peuple. Nous, dont les parents s’étaient donnés en offrande à l’indépendance de l’Algérie, nous avons grandis, comme nos aînés, dans la ferveur nationaliste et voulions faire de notre pays le plus beau et le plus prospère au monde. Notre amour était et reste entier pour cette terre irriguée de nos larmes et de notre sang, cette patrie miroitant dans les regards trahis de nos veuves et des nos orphelins, sortie des râles de nos maquisards qui rendaient l’âme sous la torture de leurs bourreaux dans les caves du colonialisme ou, après, dans les bas-fonds de la police politique de l’indépendance. Notre attachement à cette Algérie, dont la plupart de ses libérateurs kabyles n’avaient aucune arrière-pensée, était charnel. Nous luttions en Kabylie en rêvant à toute l’Algérie dont nous voulions changer le régime dictatorial en démocratie, le système tortionnaire en celui des droits de l’homme, l’école en celle de la science, du progrès et de la modernité afin de mieux nous insérer dans le monde des libertés. Nous luttions pour une identité collective, l’amazighité, pensant rendre service aux Algériens qui auraient enfin à partager des valeurs communes et un sentiment de fraternité retrouvée avec la fierté des mêmes origines. Notre voie était tracée par l’Etoile Nord Africaine en 1926 à travers laquelle la Kabylie s’était engagée à prendre en charge le destin de tout le sous-continent. Notre combat a, de tous temps, été généreux, orienté vers l’intérêt des autres en lieu et place de celui des Kabyles et de la Kabylie. De l’insurrection armée du FFS en 1963, au printemps noir 2001, en passant par le printemps berbère de 1980, tous les militants kabyles n’avaient d’autre objectif que de construire une Algérie conforme à leur rêve commun. Nous confondions tous, allègrement, l’Algérie et la Kabylie. C’est au terme d’un long processus que nous avons pris conscience de l’impasse dans laquelle nous étions. «Un militant ne remet pas en question sa cause ; la force d’une conviction écrase toutes les preuves de sa réfutation».


            Aujourd’hui, faut-il condamner ou remercier tous ceux qui n’avaient jamais cessé de nous ramener à notre réalité identitaire et ce depuis l’accession de l’Algérie à son indépendance ? Doit-on incriminer ou féliciter toutes celles et tous ceux qui, de l’intérieur ou de l’extérieur de l’Etat algérien, dans la rue ou dans les administrations, rabaissaient notre algérianité au rang d’une insulte, d’une souillure, d’une honte nationale ou, dans le meilleur des cas, d’une menace sur l’unité du pays ? En tout état de cause, le chantage exercé sur nous de choisir entre être Arabes ou ne pas être Algériens est du même ordre que celui auquel nous soumettait le colonialisme, être Chrétiens ou ne pas être citoyens. Dans ce pays où nous ne sommes pas des immigrants, tout pouvoir qui exige de nous de renoncer à notre identité et à notre langue pour celles qu’il nous impose est de type colonial. Après la langue, qui l’empêcherait de nous demander de changer de peau, de visage, et pourquoi pas, de statut d’êtres humains libres pour celui d’esclaves, voire de bêtes de somme ? Non ! Notre dignité impose que nous nous assumions dans ce que nous sommes et non dans ce que des despotes racistes voudraient que nous devenions. Nous sommes kabyles et nous formons un peuple fier de l’être. C’est une donnée que le pouvoir algérien serait mieux inspiré d’assimiler et de consacrer par un statut adéquat afin d’offrir à la région et au pays la réconciliation et la stabilité dont ils sont privés depuis quarante ans.

            En avril 2001, dans l’indifférence générale, un massacre est perpétré en Kabylie par les forces gouvernementales. Le choc provoqué par ces événements nous a amenés à repenser notre démarche de façon radicalement différente. Nous nous sommes sentis trahis, exclus un peu plus de cette Algérie qui se montre compatissante à l’égard des Arabes du Moyen Orient au moment même où des mères et des pères kabyles pleurent seuls leurs enfants fauchés par les balles des gendarmes algériens. Nous avons dès lors repris un à un les éléments de notre histoire, depuis la constitution du FFS au printemps noir 2001 et chaque élément du puzzle retrouva sa place. Les Kabyles ont systématiquement été marginalisés dans leur combat pour l’Algérie. Que ce soit en 1963, ou en 2001 en passant par quatre-vingt, la création de la Ligue des Droits de l’homme en 1985, les Kabyles ont été rejetés, nos organisations politiques n’ont jamais pu fédérer une majorité d’Algériens. Après pareil constat notre réflexion s’est réorientée vers la recherche d’une solution globale. Nous voulons avant tout sauvegarder l’intégrité du pays tout en offrant au peuple kabyle la possibilité de présider à son destin comme il le souhaite sans pour autant gêner ses compatriotes mais sans plus attendre que ceux-ci partagent ses aspirations en ce qui concerne sa langue, sa culture et ses pratiques

religieuses.

 

            Vous qui portez, déjà, le fardeau de notre destin et qui relevez le défi de construire, aux générations futures, un avenir protégé de la violence et de l’injustice, savez que les intérêts en jeu dépassent ceux des individus et de leurs carrières, ceux des groupes et de leurs chapelles. Aucun de nous n’a le droit de se faire passer pour prioritaire sur l’avenir du peuple kabyle.

            Cessons de nous déprécier. Ceux d’entre nous qui défendent les droits légitimes du peuple kabyle avec sérieux et abnégation méritent notre respect. Il est encore trop tôt pour se perdre dans des débats qui ne pourront être soulevés que lorsque nous aurons un État propre à notre région. Les problèmes idéologiques impliquant des choix de société pour la Kabylie sont importants mais pas pour l’heure. Une fois notre autonomie acquise, charge pour nous de voter pour le parti ou le candidat proche de nos opinions. Identifions-nous aujourd’hui à cet Indien d’Amérique à qui l’on demandait s’il était, politiquement, de l’aile gauche ou de l’aile droite et qui répondait : «je suis l’oiseau !»


            C’est entre vos mains, jeunes kabyles, que je dépose ce message qui, pour moi, à la valeur de toutes les souffrances et de toutes les épreuves que notre peuple a eu à affronter à travers les âges. Chaque mot y dit notre générosité et notre respect de nous-mêmes et des autres. J’espère qu’il porte toutes les espérances de la Kabylie d’aujourd’hui et celles de son avenir qui ne pourront se réaliser que dans le cadre d’un Etat kabyle.

            Demain, si notre option pour l’autonomie s’avère en deçà ou au-delà des intérêts du peuple kabyle, il vous revient d’en réajuster le cap.

Comme nos prédécesseurs, nous avons fait notre devoir, à vous de faire le vôtre,

d’aller plus loin.

VIVE LA KABYLIE !
VIVE LA KABYLIE !
VIVE LA KABYLIE !

Par Ferhat Mehenni.

- Président du Gouvernement Provisoire Kabyle

Lettre aux jeunes Kabyles du Cd de Ferhat Imazighen Imoula -  «Adekker d Usirem » - Agawa Productions 2008.

 

 

              

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