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Association culturelle N'Imazighen

Bruxelles

Rédaction

 

 

                                    - Quelle preuve de plus ....

                                     - APPEL DU M A K          

                                                                                  

                               

                                  Quelle preuve de plus ..

Quelle preuve de haine de plus avons-nous besoin de leur part ?

 Je suis sidéré d’entendre encore en 2010, de la part de quelques frères kabyles, souvent des politiciens professionnels et carriéristes, les mêmes discours qui ne nous ont amené que ruine et que désastre.

L’annonce par le MAK pour la création d’un gouvernement provisoire a donné libre cours à l’ancienne rengaine. Les adeptes de l’algérianisme et de la dilution du kabyle dans son magma, ont trouvé encore une occasion pour se lâcher et débiter les imbécilités habituelles sur l'unité du pays, la main étrangère. Même le FFS, à qui le pouvoir nauséabond d'Alger a toujours mis l'étiquette d'un parti instrumentalisé de l'extérieur, se met aussi à utiliser cette arme désuète envers le MAK et son président. Le RCD, pour sa part, la seule échappatoire trouvée est qu'il faudrait que le projet d'autonomie soit  pour toutes les régions d'Algérie. Nous aimerions bien mais nous ne pouvons être à la place des autres Algériens. Il faudrait donc, pour satisfaire Sadi et son parti,  que le peuple kabyle use de sa patience jusqu'à ce que les autres régions se décident enfin à demander leurs autonomies, et là le peuple kabyle pourrait s'autoriser peut être à  la demander  aussi.

Quelle absurdité! Le parti du docteur Sadi a juste oublié, ou feint doublier, que la Kabylie est un ensemble homogène sur le plan linguistique, culturel et sociétal et que seule la Kabylie subit lapartheid économique et culturel décidés depuis 1962 par cette clique anti-Kabyle qui dirige lAlgérie. La Kabylie, et dune manière continue, est stigmatisée, attaquée, sujet à des complots nauséabonds fabriqués dans les laboratoires de la SM. Les Kabyles subissent un racisme des plus pires et des plus sauvages. La Kabylie a besoin, cest une question de vie ou de mort, dun gouvernement ou dun pouvoir régional qui la protégera des dessins diaboliques du pouvoir dAlger à son égard. Non Messieurs du RCD et du FFS, la Kabylie n'est pas une région comme toutes les autres. La Kabylie a son peuple, son histoire, sa culture, ses us, sa langue et aspire à vivre autrement que sous la dictature. La Kabylie ne veut pas lier son destin à cette Algérie qui ne veut et ne souhaite être qu'arabe et qui est à laise sous un régime dictatorial et corrompu. Chacun a ses valeurs, nous avons les nôtres, et nous navons aucune prétention à les imposer aux autres.

Ces deux partis nont pas darguments valables pour sopposer au projet du MAK, alors ils disent du nimporte quoi. Cest juste de la dérobade.

La seule crainte qui les tourmente, c'est de perdre leur ancien fief vu l'ancrage réel et profond du MAK qui ne cesse de grandir et qu'on ne peut ni nier ni travestir sauf à être de mauvaise foi. Il devient irréversible.

La Kabylie, leur seul fief dans toute lAlgérie, ce nest pas par hasard. Mais pas du tout. Ces deux partis étiquetés kabyles, malgré la danse de charme et de séduction du docteur Sadi et de Ait Ahmed pour paraitre plus algériens et plus nationaux que quiconque allant jusqu'à se renier complètement,  l'Algérie, système et peuple,  les a confinés en Kabylie. Une Kabylie qu'ils n'ont jamais cessé de diviser, ils ont semé le germe de la division et de la haine entre Kabyles, ils sont allés jusqu'à opposer les membres d'une même famille les uns contre les autres oubliant lessentiel et ne se portant que sur le futile et le superficiel. Ils nous ont désarçonnés, ils ont dérouté tout le peuple kabyle jusqu'a douter en sa noble cause.

Il est temps de redresser la barre, de redonner aux Kabyles la foi dans leur cause, cest le chantier gigantesque du MAK qui devra affronter non seulement  l'hostilité habituelle et farouche du pouvoir algérien et de tous les adeptes de l'islamo-baathisme, mais  doit prendre aussi garde au pouvoir de nuisance que le FFS et le RCD n'hésiteront pas à utiliser comme si le passé ne leur a rien enseigné.

Quel bilan pour ces deux partis « kabyles » mais très  algérianistes ? Que du négatif.  Leur crime suprême est davoir tout le temps divisé les Kabyles au bénéfice de notre grand ennemi : le pouvoir arabo-arabe de lAlgérie, et davoir succombé aux machinations infernales de ce même pouvoir envers tout ce qui est kabyle. J'ai vu l'absurdité de ces deux partis atteindre le summum, c'est lors de l'assassinat du grand combattant Matoub Lounès. Quelques heures après cet assassinat lâche commis par nos ennemis, le RCD s'était précipité d'affirmer, sans aucune décence et pudeur, que ce sont les terroristes qui ont tué Matoub innocentant ainsi le pouvoir pourri d'Alger, et le FFS, quant à lui, affirmait que c'est l'œuvre de la DRS, innocentant ainsi à son tour les terroristes islamistes. Le RCD s'est occupé à blanchir le pouvoir et le FFS les terroristes. Les tâches sont bien partagées. Et le cocu dans tout ça cest le peuple kabyle et sa cause légitime. Cet événement triste pour notre peuple a révélé les stratégies catastrophiques et suicidaires suivies par ces deux partis. Ils ont écœuré et lassé le peuple kabyle, ils ont failli le détourner à jamais de sa noble cause : sa liberté.

Et certains «intellos» kabyles, souvent des plumes des différents clans du régime, soffusquent de la déclaration du MAK de peur de «diaboliser encore les Kabyles et de légitimer le pouvoir»! Comme si les Kabyles ne sont pas déjà diabolisés par le régime algérien. De quelle autre preuve supplémentaire ont-ils encore besoin ces gens là?  Le projet de diabolisation des Kabyles a commencé bien avant «l'indépendance» de l'Algérie, le pouvoir a tout fait pour ancrer la haine du kabyle dans les cœurs des algériens jusqu'à faire de lui l'ennemi à abattre coûte que coûte. Dans l'imaginaire de tout Algérien, peuple et pouvoir,  le Kabyle est pire que le Juif, et nous connaissons tous et bien la haine qu'ont généralement les arabo-baathistes pour les Juifs. Alors imaginez bien celle qu'ils ont pour nous. Pour ces «intellos», le bon Kabyle est celui qui rase les murs, qui ne la remmène pas, qui se tait, qui courbe léchine, qui ne revendique rien, qui vit sa sous-citoyenneté dans la satisfaction, ils préfèrent le Kabyle docile, servile, celui qui nosera jamais remettre en cause le pouvoir du maître arabe. Surtout, ils adorent le Kabyle qui ne parle pas kabyle. Ces Kabyles «mous», ont-ils besoin dautres preuves supplémentaires de la haine profonde du régime algérien envers tout ce qui est kabyle pour ouvrir enfin les yeux et voir la réalité en face au lieu de la travestir ?

Ce pouvoir nous a tout fait et il continue de nous faire subir humiliation et abaissement. C'est dans leur programme, le seul qu'ils ont et qu'ils réalisent. La volonté de stigmatisation du Kabyle et son éloignement de toute influence sur le pays a commencé bien avant lIndependence. Qui ignore l'épuration ethnique opérée  par Messali Elhadj dans la direction et cellules du PPA/MTLD à l'égard des militants kabyles et les liquidations physiques qui s'en étaient suivies ?

Durant la guerre d'Algérie, la direction du FLN se méfiait de la wilaya III et avait tout fait pour l'anéantir et pour l'étouffer sans hésiter à liquider physiquement ses cadres : Amirouche, Abane Ramdane toute tête kabyle qui dépassait, il fallait la couper par ceux qui préparaient au Maroc et en Egypte, et dans les détails,  la prise du pouvoir en Algérie.

Lassassinat de Kabyles na pas cessé avec lindépendance, la même clique a continué sa sale besogne : Tuer le plus de Kabyles. Krim Belkacem a été liquidé, 500 combattants kabyles massacrés par larmée de Ben Bella en 1963, leurs corps ont été exposés sur les places des villages kabyles pour exemple, ils avaient fait défiler les villageois, gare à celui qui détourne les yeux,  pour marquer leurs esprits à jamais.  Les  corps de ces braves, tombés presque pour rien, avaient été livrés aux chiens qui se régalaient de leurs cervelles. Ils ont fini tous dans la fosse commune.

Cette même bande de voyous qui tient les rênes du pouvoir en Algérie, na pas hésité une seconde en 2001 à lâcher gendarmes et policiers, déjà bien animés par une grande haine anti-kabyle bien ordinaire,  en leur ordonnant de tirer à bout portant avec des balles réelles et explosives sur des enfants kabyles qui noffraient que leurs torses nus face à ces criminels. Ils ont assassiné froidement 126 enfants kabyles et rendu des milliers handicapés à vie. Ils n'ont pas hésité non plus à liquider froidement Matoub Lounes, Mouloud Mammeri et tous ces intellectuels assassinés uniquement parce qu'ils sont Kabyles (Tahar Djaout, Mekbel etc.). Ces énergumènes, pour intimider le père, ils ont tué le fils, à la fleur de lâge. Ils ont froidement assassiné Ameziane Mehenni en plein Paris. Ils sont capables de la pire des lâchetés.

Lindépendance de lAlgérie a commencé par la négation de tout ce qui est kabyle, cétait le programme des nouveaux maîtres dAlger et il continue à être leur unique programme. Le seul qui fonctionne jusqu'à maintenant. Ils ne se limitent pas seulement à nous tuer, ils veulent aussi nous humilier et nous anéantir à jamais. Ils nous ont tout interdit, nous ne pouvons parler notre langue, nous ne pouvons donner nos prénoms berbères à nos propres enfants, nous ne pouvons accéder  à tous les postes, notre langue et notre culture sont bafouées, niées et ignorées, nos valeurs et nos traditions piétinées. Le racisme anti-kabyle guette dans chaque coin et recoin de lAlgérie, il est quotidien.

Ils ont transformé la Kabylie en un terrain de jeux propice à leur magouilles sanguinaires et donnent libre cours à tous leurs crimes et à leurs sales besognes et réalisent ainsi leur rêve ultime et leur grand fantasme : casser encore et encore du kabyle.

Mais ça ne leur suffisait pas, ce nest pas assez pour eux, il faudrait alors inventer  autre chose, de plus pernicieux et de plus dégueulasse. Il faut terroriser les Kabyles,  exporter la terreur jusqu'au cœur de la Kabylie. Pour eux, un Kabyle qui a peur oubliera à coup sûr tout le reste.

Alors, des hordes de terroristes affluent par centaines de toutes parts vers la Kabylie, suivies par des bandits de grands chemins, des repris de justiceet bien sûr des milliers de soldat de larmée algérienne qui joueront aux pompiers pyromanes. Les Kabyles sont cernés, la Kabylie est livrée au terrorisme, au banditisme, aux enlèvements, aux brigandages, aux tueries, aux lynchages tous les maux sy concentrent et le pouvoir dAlger se frotte les mains.

Mais ce nest toujours pas assez pour eux, alors ils sattaquent à  la famille kabyle, il faut casser ce socle de toutes les résistances. Ils envoient par convois entiers des prostituées arabophones pour semer la déchéance, la débauche et la ruine morale de notre peuple. Aux mêmes moments, larabisation continue à gagner du terrain et à grignoter des parcelles entières de notre Kabylie, elle va crescendo, la stratégie de colonisation de peuplement y aide fortement. Rien ne les arrête dans la folie anti-kabyle qui les anime, ils sont allés jusqu'à refuser pour la région des projets financés par des organismes internationaux, tout en continuant à détourner vers les régions arabophones tous les projets viables. Ils veulent notre appauvrissement et notre anéantissement. Ils complotent et comploteront toujours contre nous.

Les Kabyles subissent un apartheid des plus pires, discrimination sur tous les plans : économique, culturel, emploi,  logement même en plein cœur de la Kabylie. Les appelés kabyles dans larmée algérienne subissent lenfer et un racisme atroce, traités pour des moins que rien, tabassés et humiliés pour des prétextes fallacieux, ils sont la chaire à canon pour les décideurs dAlger. Ils sont mis toujours devant en première ligne lors des différents ratissages face aux couteaux des islamistes. De la chaire à canon dans une guerre arabo-arabe !! Ils ont fait de nous des sous-citoyens, de très bas niveau, ils ont instauré une tutelle sur nous, ils font ce qu'ils veulent de nous.

Quelle preuve de plus à vouloir quand on voit létat de déchéance de notre région et de notre peuple. Une déchéance programmée et bien planifiée.

Il est temps de se prendre en main, nul peuple na besoin de tutelle pour se diriger, le peuple kabyle na pas besoin de tutelle arabe ou islamo-arabe pour gérer ses affaires. Nous sommes un peuple adulte. Le temps de laffirmation est venu. Nous étions trop dispersés dans le passé, égarés par nos querelles intestines, le temps de lunité est arrivé pour un vrai projet pour notre peuple kabyle et uniquement pour lui. Nous ne pouvons nous substituer à tous les Algériens, nous ne devons et nous ne pouvons nous consacrer qu'à notre peuple : le peuple kabyle.

Je salue le combat du MAK, il a su donner un vrai sens à nos revendications, pour une fois de notre histoire, lobjectif de notre combat est clairement identifié : la liberté du peuple kabyle et son autonomie. Un projet kabyle pour les Kabyles. Il a su ressaisir nos élites de leurs errements passés.

Le MAK a donné le cap, réaliste et légitime, cest à notre peuple et à ses élites de saisir ce train en marche, de tourner la page définitivement des échecs et des querelles passés. Loppression que nous subissons doit un jour cesser et ce jour est proche.

Une stratégie qui na produit que du négatif est une stratégie condamnée et doit être abandonnée. Cest le bon sens. Rien ne sert de sacharner à rendre tous les Algériens démocrates, laïques, humanistes… Il ne sert à rien dapprendre à marcher et à se tenir debout à celui qui naime que ramper. Je le dis et je le répéterai encore et encore à qui veut l'entendre que le bilan des deux partis «kabyles », le FFS et le RCD, est très négatif pour notre peuple et pour notre cause, que les dirigeants de ces deux partis réalisent enfin qu'ils n'auront jamais un destin national, qu'ils cessent de faire le jeu de ce pouvoir pourri : notre division.  Qu'ils reconsidèrent leurs lignes politiques, qu'ils œuvrent aussi pour la réussite de ce beau et merveilleux projet : notre liberté et notre autonomie.

La majorité des militants et sympathisants de ces deux partis ont les mêmes aspirations de liberté, dautonomie et de reconnaissance de leur identité que leurs frères du MAK, que leurs dirigeants sen souviennent et ne freinent pas cet élan dunité et dunification de nos forces sinon lhistoire sera impitoyable, elle les accablera et les maudira à jamais.

Vive la Kabylie libre et autonome. Vive le MAK

Par F. ATTOUI

 

 

                            Appel du MAK

A la veille de la commémoration de son double printemps 1980-2001, La Kabylie subit une violence extrême à tous les niveaux. Dans les affreux jours de crise multidimensionnelle (morale, sociale, politique, économique …) que nous traversons,  et au moment où la conscience populaire parait s’obscurcir et désespéré de l’attitude des partis politiques classiques  jugée stérile, en prétendant représenter la Kabylie sans assumer le peuple Kabyle.

Les revendications portées par les milieux politiques kabyles se fixent et se sédentarisent dans une revendication conceptuelle et idéaliste appelée communément « Amazigh » qui empêche l’émergence  d’une vraie alternative pour le peuple kabyle.

Après les événements traumatisants de 2001, la rupture devient totale entre le peuple Kabyle et le pouvoir. D’un colonisateur à un autre, la Kabylie n’a jamais eu un état qui lui soit  propre, qui freinerait l’acharnement du pouvoir central qui s’entête à la dépersonnaliser par l’islamisation abusive et l’arabisation à travers l’école, la mosquée, et les medias.

Le quadrillage militaire et sa présence massive en Kabylie n’empêche pas paradoxalement  une recrudescence du terrorisme, et plus dangereux encore l’apparition de nouveaux fléaux tel les rapts et les kidnappings.

En outre, la Kabylie  victime d’un isolement économique qui s’illustre par l’absence totale d’infrastructures de bases, et l’inexistence d’une stratégie de développement, Bien que notre région contribue aux gains de l’état par le versement de sommes colossales par voie de fiscalité.

De ce fait, le projet de l’autonomie de la Kabylie (PAK) s’impose comme seul est unique alternative pour mettre fin à cette crise, mais surtout pour doter la Kabylie d’institutions légitimes et représentatives qui prendront en charge ses préoccupations et attentes démocratiques, laïques et progressistes.         

                                             Universitaires kabyles !!!

Le constat est grave et si alarmant que nous ne pouvons pas rester indifférents et démissionnaire par rapport à notre devoir de citoyen. A cet effet le CU-MAK-B appelle l’ensemble du corps universitaires à rejoindre massivement les diverses structures citoyennes et universitaires du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie.

            Pour qu’il y ai une révolution dans la rue, il est impératif qu’il y ai une dans les esprits , les obstacles morals infranchissables  dressés devant nous par un fatalisme hérité de l’idéologie arabo-islamique, dont la fameuse supériorité des autres peuples et leurs civilisations à la notre , tout cela n’est qu’un  conditionnement délibéré, inoculé par l’école Algérienne qui érige l’obscurantisme et le défaitisme comme mode de pensée  .

           Toutes ces atteintes a notre liberté ne peuvent être réparées que par  l’instauration d’une Autonomie qui consacrera un  environnement sain de toute violence et injustice qui redonnera espoir et  propulsera même la Kabylie où on ne l’a jamais imaginée.

              Nous universitaires kabyles avons le devoir de sortir et de briser ce cercle dans lequel  notre histoire ainsi que notre avenir se meut. Nous n’avons pas à prouver à qui que se soit que nous sommes les êtres les plus courageux sur cette planète  par des révoltes épisodique et stérile tous les 20 ans, nous  devrons apprendre les méthodes tranquilles, se mobiliser intelligemment et efficacement dans la perspective d’atteindre des objectifs préalablement établis. Le sentiment victimaire et cette rage ne servent finalement qu’à dégonfler une peau alimentée par des postures  infécondes telle que Tirrugza, Nnif et Lherma  qui n’ont aucune efficacité ni substance quand il s’agit de grandes questions collectives, où bien plus haut encore, quand il s’agit du destin d’un peuple.

                  Votre avenir et celui de votre progéniture tel que conçu et programmé par le pouvoir  en place est de même nature que la sienne : arabe de langue et de culture, islamique de religion et esclave de statut.

                  Travailler quotidiennement et inlassablement sans aucune contrepartie à mobiliser et à sensibiliser les uns et les autres, tranquillement, calmement avec un sang froid et une connaissance précise de nos moyens existants et ceux qui restes à concrétiser à fin de redonner à l’université la place qui lui revient de droit et de devoir en l’occurrence la locomotive de la société kabyle .

             Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie vous appelle toutes et tous à rejoindre massivement la marche de notre liberté qui aura lieu le 20 avril 2010 à Bgayet. 

Iténéraire    :    Targa Uzemmur ------à Wilaya à 10h30

Vive le peuple Kabyle libre et autonome. 

 

 

MOUVEMENT POUR L'AUTONOMIE DE LA KABYLIE

                                      M-A-K  -  COMMUNIQUÉ

  

Le Comité exécutif du Mouvement a tenu une session de travail le samedi 3 avril 2010, dédiée à la préparation de la célébration du 30ème anniversaire du Printemps amazigh et la commémoration du 9ème anniversaire de l’insurrection citoyenne du Printemps noir de 2001.

 

À l’issue de ses travaux, le Comité exécutif a examiné la situation générale qui prévaut en Kabylie et à ce titre, il communique en direction de l’opinion publique algérienne et internationale ce qui suit :

 

1- Le MAK salue et soutient sans réserve la mobilisation citoyenne du village At Kufi (Aït Koufi) et des villages environnants de Vu$ni (Boghni) en vue de faire libérer par leurs propres moyens un de leurs citoyens kidnappé par des hommes armés depuis le lundi 29 mars.

Cette réaction de légitime défense du peuple kabyle embastillé par un déploiement militaro-policier jamais connu même au temps de la Guerre de libération et des groupes armées qui assassinent, rackettent et kidnappent à l’envi est la meilleure preuve de la justesse de l’option autonomiste prônée par le MAK depuis sa création.

 

2- En l’espace de quelques jours, le peuple kabyle est endeuillé par la perte de 3 citoyens innocents, victimes soit de bavure militaire à At Yahya Musa (Aït Yahia Moussa) ou de bombe artisanale qui explose en plein jour à l’entrée d’Aïn Zaouia sur une route nationale censée être une des plus sécurisées du département. En l’espèce, le MAK note que la simultanéité et la récurrence de ces agressions sanglantes ne peut relever du hasard.

Les nombreuses alertes lancées par le MAK ont suffisamment instruit l’opinion publique qui ne peut plus, aujourd’hui, ignorer la volonté du pouvoir algérien d’enferrer la Kabylie dans la terreur et le sang. Par ces faits, le peuple kabyle est en plein droit d’exercer sa légitime défense par tous les moyens à sa portée.

 

3- Le MAK dénonce la campagne d’intimidation menée par la police contre ses militants et les brigades d’affidés rémunérés à arracher ou escamoter systématiquement l’affichage de ses appels aux marches du 20 Avril 2010.

 

En fin de séance, le Comité exécutif adopte la motion suivante :

Le Comité Exécutif du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie se réjouit et se félicite de la totale adhésion de notre communauté établie à l’étranger à l’éventualité de la proclamation d’un gouvernement provisoire pour la Kabylie, constatée à l’occasion de la tenue de l’Assemblée générale de MAK-France au cours de laquelle le Président Ferhat Mehenni en a fait l’annonce solennelle.

 

Kabylie, le 3 avril 2010

 

                                  OPINION :

Non, Je ne suis pas arabe et je ne pourrais être que kabyle.

«To be or not to be, that's the question».

Cette question existentielle posée par Shakespeare, il y a déjà des siècles, revient au devant de la scène médiatique algérienne sous forme de « Sommes-nous, ou pas, arabes ». Suite à la terrible escalade de violence, physique et verbale, médiatique et politique, qui a émaillé le « Match » Algérie/Égypte du 18 Novembre dernier, des voix se lèvent pour décréter, comme par désenchantement, «la fin de la communauté arabo-musulmane»(1) à l'image de l'ancien ministre français, délégué à la promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag et d'autres, plus modérés, pour appeler à revoir, comprendre remettre en cause, l'identité algérienne qui serait finalement pas arabe, et par ricochet, peut être aussi pas musulmane. Kamel Daoud, du Quotidien d'Oran, repris par Le Matin.dz, appelle cela «la décolonisation horizontale» (2). 

Écartant Azouz Begag, citoyen français, ex-ministre de la république française de surcroit, et déniant lui la parole. Malgré son statut de chercheur au CNRS, il n'aurait pas le droit de s'exprimer sur son pays d'origine ni d'y émettre un avis, même savant, car ce serait de «l'ingérence étrangère», devise chère aux gouverneurs algériens mais reprise en boucle, dans un nationalisme désuet et aveugle par tout algérien «jaloux de son pays» et penchons-nous sur la contribution, brillante a priori, du journaliste algérien «et fière de l'être» Kamel Daoud qui a subjugué les internautes, et certainement ses lecteurs, et a collectionné les congratulations. Une contribution qui ne caresse pas dans le sens du poil, du politiquement correct, mais qui ne va pas, non plus, dans le sens de l'histoire. Une contribution «limpide» et «courageuse» mais pleine d'implicite et de« cens caché »(3).

C'est moins une déclaration de guerre contre l'arabité, mais ce n'est pas une déclaration d'amour à la Kabylie. Bien au contraire, c'est un pamphlet contre la «berberité», comprendre la Kabylie qui, selon l'auteur, est la cause de tous les maux de l'Algérie et surtout de son désarroi identitaire, preuve à l'appui :Il a fallu une rencontre sportive entre deux pays «frères», suivie d'un déluge d'insultes et de coups mutuels, pour que le journaliste, et à travers lui les autres, se pose la question de l'identité algérienne en remettant en cause son arabité qui n'est, finalement, qu'«alimentaire». Autrement dit opportuniste et rentière.  Effectivement l'arabité n'a servi que les successifs dictateurs algériens, de Ben Bella, son chantre par excellence, qui décréta, déjà, à l'aube de l'indépendance par le fameux triptyque que «nous sommes arabes» et affirmer ainsi sa soumission totale au parrain et Grand frère égyptien, à Bouteflika, son serviteur le plus servile, qui jura, aussi, en pleine décomposition, baptisée à l'occasion «réconciliation», nationale et face à des millions de kabyles, qui attendaient un geste d'apaisement et de reconnaissance de ce messie autoproclamé et qui flirte aussi bien avec la langue de voltaire qu'avec celle d'El jahidh, que Tamazight ne sera jamais langue officielle, insistant ainsi sur le déni commis par ses prédécesseurs et confirmant son inféodation à ses Émirs lointains dans l'Arabie, ses protecteurs dans sa traversée du DESERT.

La politique économique de celui-ci atteste de l'arabisme zélé du personnage en offrant les marchés juteux de la téléphonie mobile et du bâtiment aux égyptiens, au détriment des opérateurs nationaux, pendant que les braconniers émiratis et saoudiens chassaient les dernières gazelles du Sahara algérien. Le tout couronné par des méga concerts, animés par Majda, Raghib et autre Nawel, célébrant de la sorte l'arabité au grand dam de l'Égypte. Tous les algériens et surtout les algériennes connaissent leur chansons au même titre qu'ils vénèrent Mahmoud Yacine et Yamina rizk, dieux sacrés de la télévision, non égyptienne mais, algérienne.   

Entre les deux il y avait Boumedienne, poulain du premier et parrain du dernier, architecte et défenseur de cette arabité, tant décriée, en arabisant l'école avec toujours la bénédiction de l'Egypte qui envoyait des milliers de coopérants pour apprendre aux potaches algériens l'Alif Baa en ramenant aussi dans leurs valises les fetwas de Qotb et autre El ghazali, des fetwas qui déboucheront, des années plus tard, sur un génocide humain, culturel, intellectuel et économique.   Tout cela a échappé à notre respectable journaliste qui, à aucun moment de sa «brillante» contribution, n'y fait, au moins allusion. Je peux comprendre qu'il ne se mêle pas de la politique mais il doit savoir que l'identité est avant tout politique. Notons au passage que ces trois vautours de la politique, complexés de l'identité qu'ils sont et éternels inféodés à l'Egypte sont oranais. Ils viennent de l'ouest algérien, probablement du même patelin que l'auteur de l'article, ce qui justifie son esquive et son passage sous silence. Nommer les choses et mettre des mots sur les maux, afin de mieux comprendre, peut rendre mal à l'aise pour un certain temps mais le salut ne peut venir de la feinte et de tartufferie, voire de la complicité et de l'omission.   

M. Daoud, au lieu de se pencher sur la Genèse de cette maladie, qu'il découvre «guérissable», et déceler le microbe, ou les microbes, qui gangrène le corps algérien, afin de l'éradiquer, découvre aussi, par la même occasion, que «Nous avons ressenti le besoin d'être nous-mêmes » et que «Nous n'avons pas besoin d'être arabes pour être musulmans ni d'être musulmans pour être algériens». Quelle superbe découverte! Fait-il sciemment ou pas? Je ne peux le savoir, mais oublie-t-il que, depuis l'indépendance, un grand nombre de ces algériens disent exactement la même chose, sans qu'une oreille daigne les écouter. Ces algériens qui n'ont jamais renoncé à leur algérianité mais qui ont refusé l'arabité, sans pour autant contester l'arabité des autres. Ces algériens qui ont beaucoup donné pour que l'Algérie ne serait qu'algérienne. Personne ne les a entendu ou plutôt personne n'a voulu les entendre. Un rappel des faits pourrait rafraichir la mémoire aux amnésiques et éventuellement la remplir aux ignorants.  

C'est dans le silence complice que Abane Ramdane a été exécuté en 1957, c'est dans le silence complice que les militants du FFS ont été liquidés en1963. C'est dans le silence complice que les militants du MCB ont été emprisonnés et torturés dans les années 80. Idem pour les fondateurs de la Ligue Algérienne des droits de l'Homme en1985. C'est dans le silence complice qu'un million d'écoliers kabyles a boycotté l'école algérienne en1994. C'est dans le silence complice que Matoub Lounès a été assassiné en1998. C'est dans le même silence complice que 127 jeunes kabyles ont été lâchement abattus par les gendarmes algériens. Ces algériens « de seconde zone », à défaut d'être « des amazighs de première zone », n'ont pas attendu un match de football pour clamer que « Nous n'avons pas besoin d'être arabes pour être algériens » et plus clairement pour les sourds « Nous ne sommes pas arabes ».   Donc la question, oh combien importante, de l'identité algérienne ne date pas d'hier. Des fleuves de sangs ont été versés, Monsieur Daoud. Ce volet de l'histoire contemporaine de l'Algérie a été aussi occulté par le journaliste qui pose naïvement, et malheureusement, très tardivement, la lancinante question de « qui sommes-nous ?». Occulté mais pas ignoré, en tous cas, puisque Kamel Daoud , dans sa quête identitaire, refuse d'être « une brebis capturée par un chant de sirène non comestible » car dans lequel cas il ne serait qu'un « Berbère? Berberiste? Autonomiste? Culturaliste? Curieusement les quatre qualificatifs choisis font référence uniquement, et exclusivement, à la Kabylie. Berbère et culturalise viennent des années 80. Ils qualifiaient les militants du MCB (Mouvement Culturelle Berbère). Berberiste vient de très loin, de 1949 lors de la crise Anti-berberiste où l'on a exclu et même exécuté des militants de PPA-MTLD, (comme Imache Amar, Mbarek at Menguellet et Amar Ould Hamouda pour ne citer que ceux là) pour la simple raison qu'ils s'opposaient au choix exclusif de l'arabité comme idéologie du futur Etat Algérien en latence, et affirmaient ainsi que l'amazighité aussi fait, et fera, partie de l'identité nationale. Autonomiste fait allusion, explicitement, au MAK (Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie).   

Ainsi M. Daoud refuse, dans sa fuite de l'arabité, aussi d'être ou d'être assimilé, pas au berbère/amazigh, ce qui n'est pas une exclusivité de la Kabylie, mais surtout pas au kabyle tout court, ce qui n'est pas facile à dire, et même à écrire sous la plume du journaliste du Quotidien d'Oran applaudi. Il lui préfère, par une incroyable parabole, le signifier, le montrer et l'indexer par une magique formule «...des maquis de l'identité poussés vers la montagne et le radicalisme, prompts à l'exclusion et fascinés par des retours impossibles vers des origines privatisées, folklorisées » et tout cela n'est que l'autre mal dérivé de l'obsessionnel refus de l'arabité de Kamel Daoud. Bravo l'artiste (plutôt que le journaliste), incroyable raisonnement: Si la Kabylie s'arabise elle tombera dans le délire identitaire qui s'est emparé subitement de vous et de vos semblables, de vos compatriote j'allais dire, et si elle s'entête à ne pas perdre son âme, en s'attachant à sa langue, ses us et se valeurs, universelles par ailleurs, c'est qu'«elle est radicaliste, prompte à l'exclusion» . Je ne connais pas meilleure manière de tuer son chien en l'accusant de rage. Il faut attendre le passage suivant pour comprendre réellement le propos de l'auteur et à travers lequel on peut, sans peine, se rendre compte que ce qui dérange, après l'arabité, le porte parole des Lost identitaires, c'est la kabylité.  

Avec la question:« Pourquoi lorsqu'on parle de l'amazighité des algériens on tourne le regard automatiquement vers la Kabylie et pas vers le sud ou l'ouest ou le reste du pays et des algériens?» l'interrogateur confirme ses intentions et «le masque» tombe. Dans la fièvre existentielle qui s'est emparé de l'auteur, et pour apaiser ses douleurs et soulager ses souffrances, la Kabylie reste l'ultime sacrifice. Comme le pigeon blanc égorgé pour les femmes enceintes, chez nous, et qui emporterait avec lui tous les maux du foyer et toutes les malédictions.  

Tout le monde, et notamment l'algérien, connait la signification du maquis. Depuis la guerre d'indépendance jusqu'au terrorisme islamiste le maquis signifie prendre les armes et défendre sa «cause » et cela ne peut se faire que dans le maquis, autrement dit la montagne (adrar). Depuis quand la Kabylie, car c'est bien d'elle qu'il s'agit, contrairement aux autres, a pris les armes pour défendre sa «cause» ou même pour se défendre ? Cela ne s'est pas vu même lorsque le régime algérien abattait, de sang froid, ses enfants. Depuis quand la Kabylie est prompte à exclure, une personne, une religion ou même une culture quand ils ne sont pas conquérants ? Depuis quand la Kabylie a «privatisé ou folklorisé ses origines» alors qu'elle ne cessait de réclamer l'amazighité pour tous les algériens, jusqu'au point de renier sa kabylité (car une grande nuance existe entre les deux concepts, l'un est général et générique, l'autre pertinent et spécifique) et la démocratie pour toute L'Algérie. Cette Kabylie qui depuis un demi siècle ne cesse de donner ses enfants comme chair à canon pour la libération, la réappropriation puis à la démocratisation de l'Algérie. Cette Kabylie qui ne veut pas sombrer dans le sommeil identitaire car sachant pertinemment que celui qui ne connait pas son histoire est condamné à la revivre.

Cette Kabylie qui a offert les meilleurs de ses enfants pour l'Algérie car, pour elle, être kabyle c'est nécessairement être algérien et être algérien suffit humblement pour être kabyle. Cette Kabylie qui ne voulait pas d'une Algérie arabe et encore moins berbère, mais simplement d'une Algérie algérienne, c'était le rêve de Abane et de Didouche. A ce stade d'intox et de désinformation «La peau »n'est plus noire mais arabe et « le masque » n'est plus blanc mais algérien.   

Pour ma part, et pour des millions d'algériens comme moi, la question qui vous chagrine et qui vous met dans ce pitoyable état, cette fameuse question ne m'effleure même pas l'esprit. Je sais qui je suis. Je le savais le jour ou ma mère m'a mis au monde, quand je commençais à balbutier: « yemma, vava, dadda, yaya » et je prononçais mes premiers mots, car mes anges me parlait kabyle comme disait Takfarinas. Je le savais le jour ou je reçus une gifle du directeur de l'école primaire de mon village parce que je parlait kabyle dans la cour de recréation, ce que l'institution m'interdisait. Je le savais en écoutant ferhat chanter aattar, nekkini id nnigh et tahia barzidane; Matoub chanter lwed-aissi et aghourrou, ce que la télévision algérienne ne diffusait pas. je le savais, lycéen, en lisant les chemins qui montent de Feraoun et la colline oubliée de Mammeri, ce que l'école algérienne ne m'enseignait pas. Je le savais quand des jeunes kabyles tombaient sous les balles explosives des gendarmes algériens, exécutant les ordres de leur sinistre tuteur, ministre de l'intérieur, sieur Zerhouni, bizarrement originaire de l'Ouest aussi. Je le savais, étudiant, un certain 19 Mai 2001, à la cité universitaire de Hydra, à Alger, quand d'autres étudiants algériens de différentes provenance, et devant notre tristesse et notre désarroi face au carnage en Kabylie, jouissaient de fêter la journée de l'étudiant, et de tabasser, avec le soutien des habitants des bidonvilles avoisinants et devant le regard du directeur de la résidence, les étudiants kabyles qui n'avaient pas le cœur à la fête. Voici ce que représente pour moi l'algérianité et ces pour ces raisons que je la rejette. Comme vous ne voulez pas être amazigh de seconde zone je ne veux pas être, et je ne serai jamais, un algérien de seconde zone. Je suis amazigh au même titre que les français, les espagnols et les italiens sont latins. Cela ne les a pas empêché de s'émanciper chacun dans sa langue et sa culture. Je suis kabyle, ma langue maternelle est le kabyle, je suis né et j'ai grandi en Kabylie, je ne pourrais être autre chose. Je n'ai pas attendu le MATCH pour savoir qui suis-je. Toutes les injustices et tout le déni que j'ai subi, moi et les miens, m'ont apporté la réponse. Libre à vous d'être arabe de seconde zone ou algérien de première.   Concernant le MAK (Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie) auquel il est fait, insidieusement allusion, journaliste que vous êtes, vous devriez savoir qu'il n'est ni un mouvement séparatiste, ni extrémiste et encore moins raciste(4). C'est un mouvement qui a vu le jour dans le sang et les larmes, pendant le printemps noir de Kabylie, quand des jeunes kabyles désarmés, manifestant encore une fois pour plus de liberté et de démocratie en Algérie, tombaient sous les balles explosives du pouvoir algérien sans qu'une voix, de l'Est ou de l'Ouest, s'élève pour dire « arrêtez, ces jeunes sont les nôtres et ce qu'ils revendiquent est le nôtre ». C'est la cristallisation de tous les combats, et de toutes les revendications portées par la Kabylie, revendications qui sont, finalement, aussi « mal partagées ». L'autonomie de la Kabylie, dans un cadre national, est seule garante à même de protéger ses enfants, de promouvoir sa langue et sa culture, de réaliser ses aspirations de progrès, de laïcité et de modernité(5). Ces aspirations qui font peur au pouvoir algérien qui interdit au président du MAK, Ferhat Mehenni, de rentrer dans son pays, pays auquel son père s'est sacrifié et, à travers ses sous-traitants tunisiens(6), de l'empêcher même de voir sa famille, le tout dans un silence absurde de la presse algérienne « indépendante »! 

Vous ne devriez pas avoir honte, de ne pas être kabyle, M. Daoud. Car à défaut d'être « une brebis capturée, par un chant de sirène non comestible » vous ne seriez qu'une brebis galeuse reniée par le troupeau et abandonnée par le berger. Et au lieu de défouler sur la Kabylie, éternel cauchemar des déracinés de l'idéologie et des oubliés de l'histoire cherchez remède à vos maux du coté de la psychologie et « Sentez-vous bien quand vous vous dites arabe ». Vous n'avez pas trop le choix car comme le dit le grand Lounis :«lasl-ik izegl-ik win tebghid yug-ik mliyid wi ikilan» Je traduit, car apparemment cette langue kabyle qui me vient des fins fonds de l'antiquité, malgré les aléas de l'histoire, jalousement protégée par mes ancêtres contre les envahisseurs du Nord et d'Orient, et soigneusement transmise par mes grands-parents malgré le déni et l'oppression, est «mal partagée », comme si , au final, c'est aux kabyles d'aller « kabyliser » des gens qui ont, depuis longtemps troqué leur amazighité, de gré ou de force, contre des honneurs éphémères et des identités empruntées:« Ton origine t'a renié, celui que tu veux t'a refoulé, dis moi qui est-tu ?»   

Cette Kabylie orgueilleuse, comme une grande dame qu'on ne peut atteindre, aux heures des combats qu'elle mène n'inspire, dans le meilleure des cas, que la jalousie et l'envie de la conquérir, et au pire la méfiance et l'envie de la détruire. Et si elle tient à son identité, et la dessus elle ne se pose pas de question, ce n'est pas un retour impossible aux origines incertaines mais une implantation dans le cœur de l'histoire qui la projette dans l'avenir. Un avenir de paix et de tranquillité. Un avenir de progrès et de développement. Un avenir de reconnaissance et d'ouverture. Un avenir meilleur que l'ensemble algérien ne peut pas lui offrir. Contrairement à l'algérianité bien décrite par le journaliste « Dedans, il n'y a encore ni palmiers, ni oliviers, ni contes, ni traces, ni cimetières d'ancêtres, ni signes exhumés » un vide en gros, un grand vide, la Kabylie a ses oliviers et figuiers( tizemrine akw tnaqline), ses contes et ses légendes (tiqsidine akw tmuchouha), ses traces et ses racines(izourane) et c'est exactement ce que l'algerianité, à défaut de ne pouvoir le lui prendre, a voulu détruire.  L'algérianité ne serait pas aussi vide si elle a pu conjuguer, et réunir en symbiose, la Kabylie et ses oliviers, le Sahara et ses palmiers (et son pétrole), l'Algérois et ses orangers, l'Oranie et ses vignes, le Constantinois et ses chênes. Cela s'appelle la Terre M. Daoud et ce n'est pas dénué de sens. C'est en fin de texte que le chercheur d'os découvre qu'« en voulant savoir qui nous sommes, nous sommes remontés à plus loin que la colonisation française, pour retomber dans les travers d'une colonisation plus ancienne et que nous avons confondu avec notre portrait que renvoie notre terre ». Chassez le naturel, il revient au galop dit le proverbe. A force d'ignorer son aliénation on retombe dans sa défense. Il n'y a pas de décolonisation verticale ni oblique ni horizontale. Il y a une seule et unique décolonisation, elle est symbolique, historique, idéologique et culturelle. C'est une décolonisation politique. Le jour ou les intellectuels algériens, les journalistes et les écrivains commencent à bannir l'incartade et à dire ce qu'elles sont les chose, réellement, à montrer la voix aux populations et à traduire leurs aspirations, à cesser d'invectiver les autres en se remettant en cause, à prendre le pari de l'intelligence et non celui de l'allégeance, à nommer le totalitarisme et descendre les fossoyeurs des identités, ce jour la les colonisateurs, tous les colonisateurs tomberont et l'oranais, l'algerois, le kabyle, le chaoui, le targui retrouveront leurs identités et vivront pleinement leurs spécificités. Ce n'est que de la sorte que tout un chacun, en s'émancipant des tutelles choisies ou imposées fera partie intégrante de la communauté nationale, communauté à la fois diverse et unie, ce jour là l'Algérie ne sera pas vide. Elle ne sera pas non plus assassine et corrompue. Elle donnera une place à ces peuples qui la composent, elle saura honorer ces hommes et ses femmes qui l'ont libéré ( ma pensée va à Djamila Bouhired (7) qui se plaint de sa misère à la présidence au moment au les joueurs algériens gagnent des sommes hallucinantes pour la qualification en coupe du monde(8) ), à connaître son histoire pour, enfin envisager l'avenir.

L'identité des peuples ne peut être l'effet d'improvisation forcenée au gré d'une victoire, sportive soit-elle ou autre. C'est un héritage inconditionnel, perpétué et protégé par des générations qui se succèdent. En attendant la Kabylie a tracé son chemin, celui de l'autonomie, son seul espoir et son seul salut sur la terre de ses ancêtres. Les retardataires suivront ou à défaut, périront dans le sommeil identitaire et rejoindront les poubelles de l'histoire.

 

H. Mekdam, département jeunesse et université, MAK-France 

 

Notes:

(1) Azouz Begag et C. Delorme, La fin de la communauté arabo-musulmane, lemonde.fr, 04/12/09.

(2) Kamel Daoud, L'inévitable décolonisation horizontale, lematindz.net , 21/12/09.

(3) Daniel Gaxie, Le cens caché, editions du Seuil, Paris 1978.

(4) PAK, projet pour l'autonomie de la Kabylie, mak.makabylie.info

(5) H. Mekdam, Pourquoi l'autonomie de la kabylie, afrique-du-nord.com, 23/04/09

(6) Ferhat mehenni refoulé, tsa-algerie.com, 11/12/09.

(7) Djamila Bouhired, je vous demande de ne plus nous humilier, lematindz.net , 13/12/09.

(8) Cadeau de qualification au Mondial, tsa-algerie.com, 22/12/09.

 

 

                                

                           

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